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922 LE PAYSAN RWANDAIS MEURT A PETIT FEU

Publié le 18/05/2009 à 13:56 par perewenceslas
Rwanda, le paysan est en train de mourir à petit feu
Des mesures édictées par le régime du FPR et visant enfoncer le paysan rwandais dans la précarité, se multiplient.

Après sa prise de pouvoir en juillet 1994, le FPR s’est attelé à réduire à sa plus simple expression la masse de paysans restés au pays. Ceux qui étaient hors d’atteinte de ses griffes, il les a poursuivis dans des camps de réfugiés en République Démocratique du Congo. Par des bombardements aveugles, il a fait parmi eux des centaines de milliers de victimes. Certains rapports parlent de 500.000 morts. Jusqu’aujourd’hui, aucun coupable n’a été puni. C’est une première dans l’histoire du monde.

Fort de cette impunité, le régime du FPR a continué sur cette lancée. Il a affiné ses méthodes en recourant à d’autres moyens non moins criminels, notamment celui d’affamer la population paysanne.

Prétextant la chasse aux infiltrés, il a ordonné, à partir de 1998, que toutes les plantations de bananeraie soient coupées notamment dans les régions nordiques et du Centre. Cette mesure est dramatique. Car, le bananier est une plante à usage multiple dans la vie des paysans rwandais. Ils en mangent les fruits, ils en produisent du jus ou du vin, ses feuilles servent à couvoir les toits des maisons ou de nourriture pour le bétail. Le bananier se reproduit, à n’importe quelle saison, et résiste aux caprices du climat. Dans l’histoire du Rwanda, le bananier a servi de soudure pour traverser des périodes de disette.

Les idéologues du FPR n’ont pas tari d’imagination pour pérenniser cette politique criminelle. Ils ont, de 1997 à 2000, introduit une politique de villagisation. Les autorités, doublées de « milices de défense locale », ont obligé les paysans à détruire leurs maisons, souvent en dur avec des briques, des tuiles et des tôles, pour aller dormir à la belle étoile dans des zones non viabilisées. Il a fallu une intervention ferme des bailleurs de fonds pour que cette politique cesse.

En 2004, il y a eu la loi sur la réforme foncière. Elle a fait beaucoup de dégâts : partage des terres sans aucune règle connue, interdiction d’habiter dans les abords des lacs et des grands cours d’eau, expropriation sans contrepartie ou avec une compensation insignifiante qui ne permet pas à l’exproprié de se recaser. Dans la province de l’Est du Rwanda, des paysans ont été purement et simplement chassés ou tués et les grands magnats du régime se sont appropriés de leurs terres. Plus d’une vingtaine de grands cadres du FPR, des officiers, des hommes d’affaires, etc. avaient en moyenne plus de 600 ha, alors que le paysan a en moyenne 0,6 ha. Il a fallu encore une fois que les bailleurs de fonds du Rwanda élèvent la voix, ce qui a contraint le Président Kagame à aller sur le terrain, en juillet 2007, pour la "redistribution" de ces terres!

Profitant du thème en vogue qu’est l’environnement, le régime du FPR a interdit au paysan rwandais de couper un arbre dans son bois, de fabriquer des briques ou des tuiles dans des sols argileux de son champ,…La conséquence est que le paysan doit dépenser de l’argent qu’il n’a pas pour acheter du bois de chauffage et d’habiter une hutte en paillasse.

Le ministère de la santé n’a pas été en reste. Il a imposé, depuis 2006, le port obligatoire des chaussures à tous les Rwandais pour question d’hygiène. Dans la capitale Kigali, les va-nu pieds furent chassés tandis que dans les campagnes, le paysan sans soulier ne peut pas entrer dans un bâtiment public comme le bureau communal pour ses papiers ou à l’hôpital pour se faire soigner. Entre-temps, les hommes du FPR importateurs de chaussures en plastiques se sont vachement enrichis en profitant de cette aubaine.

Alors que le paysan a de la peine à faire vivre sa famille, il a été introduit, dans certaines régions, l’obligation d’abandonner les cultures vivrières, pour cultiver des fleurs: pour l’exportation. La situation alimentaire s’est empirée ainsi dans certaines régions et la famine y devenue endémique.

La dernière trouvaille du régime du FPR serait l’interdiction de la fabrication du vin de banane par le paysan lui -même pour privilégier la production industrielle. Si cette information se vérifie, elle serait encore une façon de faire en sorte que l'agriculteur n'ait plus aucun pouvoir d'achat. En effet, la vente du vin de banane est une source de revenus non négligeable pour le paysan. Des témoignages reçus ont confirmé que dans certains coins, il faut se cacher pour fabriquer ce vin.

Est-il normal que le paysan rwandais ne se retrouve plus dans son propre pays?

Source Gaspard Musabyimana
Le 13/05/2009




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Anonyme le 19/05/2009
Rwanda : la malnutrition ronge les campagnes
(Syfia Grands Lacs/Rwanda) La malnutrition fait des ravages dans les campagnes rwandaises où les agriculteurs n'ont plus le droit de cultiver les denrées alimentaires de leur choix sur leurs exploitations exiguës. Quand la sécheresse s'en mêle, c'est la catastrophe. Témoignages.
"Je ne comprends pas comment à notre époque, un adulte peut être atteint de kwashiorkor", s’est indigné le président rwandais, Paul Kagame, lors de sa visite à Kirehe, est du Rwanda, une région frontalière avec la Tanzanie, fin avril dernier. En passant par l’hôpital du lieu, le chef de l’État a été surpris de voir des adultes hospitalisés pour malnutrition. "La population locale connaît une grave pénurie alimentaire, car nous avons perdu une saison culturale à la suite du manque de pluie", explique un dirigeant local. Mais, pour bon nombre de villageois, le nœud du problème c'est la nouvelle politique agricole. "La dernière saison culturale, on nous a obligés à cultiver seulement le maïs, et nous n’avons rien récolté à cause d'une grande sécheresse, témoigne un villageois, très déçu. Si on pouvait mettre plusieurs cultures en même temps, au moins on pourrait en sauver une partie". "Avec une seule culture, surtout destinée à la commercialisation, sans haricots, patates douces et céréales, il nous est impossible de résister à la famine", se résigne-t-il.

Suivant la nouvelle politique agricole, "Green revolution", (la Révolution verte), en vigueur depuis 2007, chaque province doit cultiver les plantes les mieux adaptées à la région. Ainsi, l’Est doit se concentrer sur le café, le riz, le maïs, la banane et l’ananas. C'est pourquoi, même les marchés sont vides de produits alimentaires… tout comme de consommateurs.

Manque de denrées et d'acheteurs

Ainsi, à Nyamata, le grand marché du district de Bugesera, Est, le premier samedi de mai, les rares détaillants de denrées alimentaires perdent l’espoir de vendre. Il leur faut plusieurs jours pour écouler quelques sacs de haricots, de manioc, maïs et patates douces. "Malgré des prix raisonnables et la carence sévère en aliments de la population, il n y a pas d’acheteurs, car la population n’a pas les moyens de payer", remarque Charlotte, vendeuse de haricots. "Aujourd’hui un kilo de haricot coûte 200 Frw, (près de 0,35 $), ce qui est moitié moins qu'il a six mois, mais les consommateurs n’achètent pas. Une bonne partie de la population locale ne mange que des aliments peu nutritifs… et une seule fois par jour", explique-t-elle.
"Le manque de denrées alimentaires récurrent dans cette région explique le grand nombre de malnutris ici. Depuis trois mois, aux moins 100 personnes souffrant de malnutrition ont été admis au centre nutritionnel", témoigne un membre du personnel de l’hôpital de Nyamata, sous couvert d’anonymat.


Des contraintes qui pèsent lourd

Dans d'autres régions, c'est l'aménagement des terres qui pèse sur les agriculteurs. "La construction des terrasses radicales – une obligation des autorités – nous a fait perdre au moins deux saisons culturales, témoigne un villageois de Rugarika au Sud. Toute ma propriété a été retravaillée, et on doit attendre que la terre se rétablisse. Cela prend au moins six mois. Pendant ce temps, je n’ai pas d’autres terres à cultiver…" Il avoue que depuis six mois, sa famille ne mange que de la pâte de manioc et de la soupe de tomates une fois par jour.
Son voisin de Musambira, lui, explique ces problèmes par la politique de restructuration des exploitations. Les agriculteurs doivent faire de grandes plantations d’une seule culture en mettant leurs champs en commun. Ainsi, toutes les plaines du Sud sont exploitées par les coopératives qui ont été obligées, la saison passée, de ne cultiver que le maïs. "Puisque, sur les collines, la terre ne donne rien d’autre que le manioc et le sorgho, les villageois avaient l’habitude de récolter les légumes dans les marais et plaines. Cette saison on n'a rien", constate un membre de la Coaleka, la coopérative des agriculteurs des légumes de Kamonyi.
L’étude de l’Association de coopération et de recherche pour le développement, (ACORD), publiée en avril dernier, estime que six ménages rwandais sur dix ont environ 0,7 ha de terre, les autres moins de 0,5 ha. Non seulement les terres manquent, mais elles sont épuisées, faute de fertilisants. Depuis une décennie, l’utilisation des engrais est estimée à 4 kg par hectare cultivé. La moyenne en Afrique est de 10 kg et de 90 kg pour le reste du monde. "Puisque l’État introduit cette révolution verte, il devrait prévoir des subsides pour les agriculteurs, les denrées et les intrants agricoles", suggère un habitant du Sud. Mais pour l'heure, l’intervention de l’État dans le secteur agricole reste faible. Selon ACORD, l'agriculture qui couvre près de 90 % des besoins alimentaires des Rwandais, ne bénéficie que de 5 % du budget national.

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