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938 Comment Bernard Kouchner se prépare

Publié le 03/02/2009 à 12:00 par perewenceslas
938 Comment Bernard Kouchner se prépare
(photo : World Economic Forum - Flickr - cc)

Pierre Péan répond à cet interviewvoir Marianne2

Ecoutez l'interview sur RTL

et pour sourire un humouriste traite le sujet

Le débat FRANCE 24 Charles Onana-Burnier

Bernard Kouchner LE MONDE SELON K."

Bernard Kouchner : "Ce que j’ai à dire…"
NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 10:44

Américanolâtrie, relations discutables avec le régime rwandais, rapport contesté sur la Birmanie, juteux contrats de conseiller avec des Etats africains, soupçons de conflit d’intérêt entre ses fonctions et celles de son épouse, Christine Ockrent, patronne de l’Audiovisuel extérieur de la France : sur tous ces points et soupçons, le ministre des Affaires étrangères s’explique.

Le Nouvel Observateur.- Dans son livre, Pierre Péan vous accuse d’être un "américanolâtre", un cosmopolite anglo saxon, qui déteste son pays et qui "rêve d’effacer 50 ans de politique étrangère indépendante de la France".
Bernard Kouchner.- Oui, il a écrit "cosmopolite", ça vous rappelle quelque chose ? Les bras m’en tombent. Cette accusation est grotesque et nauséabonde.

N.O. – Le livre vous reproche notamment d’avoir été favorable à la guerre américaine en Irak..
B. Kouchner.- Je conseille à l’auteur de relire mon article dans Le Monde à l’époque "Non à la guerre, non à Saddam". J’y écrivais très clairement : il ne faut pas suivre les Américains, ils nous mentent sur les armes de destruction massives. Il faut passer par le système des Nations Unies. Amis, alliés, pas alignés ! J’ajoute, si c’est nécessaire, que pendant une bonne partie de l’année qui vient de s’écouler, je me suis ouvertement opposé aux Américains, que ce soit sur le Liban, les relations avec la Syrie, l’entrée de l’Ukraine et de la Georgie dans l’Otan ou la poursuite de la colonisation dans les territoires palestiniens. Comme toute l’Europe, nous soutenons la construction d’un Etat palestinien. C’était le sens de la Conférence de Paris que j’ai organisée. Et c’est à mon initiative que le Conseil de sécurité de l’ONU a voté la résolution 1860 pour le cessez-le-feu à Gaza, tandis que se déployait la médiation du Président de la République dans la région.

N.O.- Une bonne partie du livre est consacrée au Rwanda. Parmi les accusations portées contre vous il y a notamment celle d’avoir imputé le massacre de l’église de Kibagabaga aux hutus alors qu’ils auraient été assassinés par les tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé, présenté comme votre ami…

B. Kouchner.- J’y suis allé et dans bien d’autres endroits dont les images me hantent encore. S’il s’avérait que le FPR est responsable de cette tuerie, bien évidemment je le condamnerais. Mais il y a une chose que je n’admets pas : c’est la thèse du double génocide. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de "massacres de revanche" de la part du FPR ou de groupes tutsis contre les hutus. Mais il n’y a pas eu des deux côtés la même planification, le même systématisme et le même nombre de victimes : 800.000. L’armée française avait été chargée d’entraîner l’armée rwandaise mais j’ai toujours affirmé qu’elle n’avait pas participé au génocide (cf mon article dans la revue Défense nationale). Par ailleurs, sur le plan politique, j’ai dit qu’il y avait eu des erreurs d’analyse mais, soyons clairs, je n’ai jamais pensé que MM. Mitterrand, Balladur, Juppé, Védrine ou Villepin portaient la moindre responsabilité dans ces horreurs.

N.O.- Votre cabinet a-t-il tenté, comme l’affirme Pierre Péan, de faire obstacle à l’enquête du juge Bruguière, sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide. Cela dans le but de renouer avec le pouvoir rwandais.

B. Kouchner.- Non, nous n’avons jamais fait obstacle à cette enquête. Les Rwandais nous ont demandé la levée des mandats d’amener émis, avant que nous n’arrivions, par le juge Bruguière contre leurs compatriotes. Nous leur avons dit que ce n’était pas possible. La justice est indépendante. Un groupe de travail composé de juristes a indiqué que, si les Rwandais voulaient avoir accès au dossier, l’un des 9 inculpés au moins devait se rendre à la justice française. Ce que l’ancien directeur du protocole de Kagamé, Rose Kabuye, a fait.

N.O.- Le livre vous accuse aussi de n’avoir pas "réagi avec beaucoup d’ardeur", lorsque vous étiez en charge du Kosovo pour l’ONU aux massacres de Serbes par la majorité albanaise…

B. Kouchner.- Propos scandaleux et mensongers. Rappelez-vous la tuerie de Gracko ! Chaque fois qu’un Serbe a été assassiné, je me suis rendu sur place auprès des familles en dépit du danger que cela représentait. Chaque mort serbe me révoltait. A mon départ, il n’y avait quasiment plus d’assassinats.

N.O.- Passons au rapport que vous avez réalisé pour le compte de Total en Birmanie. Vous y affirmiez que Total n’utilisait pas de travail forcé…

B. Kouchner.- Et je le maintiens. Mon avantage a été d’aller sur place, où personne ne s’était rendu. Lorsqu’après plusieurs jours d’enquête, j’ai vu le fonctionnement des 9 dispensaires créés par Total, j’ai trouvé que ça marchait bien et qu’il fallait que Total élargisse le périmètre de son action en matière de santé. Pour le reste, ma conclusion était que je n’avais pas constaté de travail forcé chez Total. Quant à ma rémunération pour ce rapport je l’ai donnée à trois ONG : Emmaüs, Aide médicale internationale et la Chaîne de l’Espoir.

N.O.- Il est notoire – les envoyés spéciaux du Nouvel Observateur l’ont constaté sur le terrain - que l’armée birmane rafle des gens pour les faire travailler pour son compte. Et qu’elle l’a fait sur le chantier de Total comme ailleurs…

B. Kouchner.- Il est probable que l’armée l’ait fait lors de la construction du chantier. Lorsque je m’y suis rendu, les travailleurs de Total m’ont garanti qu’ils n’employaient pas de travailleurs forcés et que la compagnie avait dédommagé ceux qui l’avaient été et qui ont été retrouvés.

N.O.- Pierre Péan affirme que lorsque vous étiez député européen vous vous êtes fait domicilier à Spérone, en Corse, pour bénéficier de remboursements de frais de transports plus élevés…

B. Kouchner.- Calomnie. J’ai été et je reste domicilié à Paris.

N.O.- Le livre évoque également le risque de conflit d’intérêts entre vous et votre épouse, Christine Ockrent, responsable de l’audiovisuel extérieur de la France…

B. Kouchner.- Ma femme a été nommée directrice, pas par moi, sur ses qualités professionnelles largement reconnues. J’ai aussitôt annoncé que s’il y avait conflit d’intérêt avec Christine Ockrent, c’est moi qui démissionnerais. Et je le répète.

N.O.- Il se trouve cependant que plusieurs collaborateurs de l’Audiovisuel extérieur avec lesquels vous auriez eu des conflits ont été sanctionnés…

B. Kouchner.- Je n’ai jamais été mêlé à aucun licenciement et sanction d’un journaliste de l’audiovisuel extérieur. Et je ne vois pas qui sont ces journalistes.

N.O.- Leurs noms sont pourtant connus : Richard Labévière, Grégoire Deniau, Bertrand Coq et Ulysse Gosset qui a été écarté de France 24 après un accrochage avec vous, à l’antenne…

B. Kouchner. – Il y a eu un seul accrochage. C’était avec Ulysse Gosset. Il a été vif et public, c’est vrai. Mais Ulysse Gosset lui-même a dit dans une interview que je n’y étais pour rien si son contrat n’a pas été renouvelé. Par ailleurs France 24 n’est pas encore sous l’autorité de Christine Ockrent…

N.O.- Venons en aux factures africaines. Les documents qui circulent depuis quelques semaines et qui sont cités par Pierre Péan, montrent que vous avez réalisé, à plusieurs reprises des rapports sur les systèmes de santé pour des Etats africains riches en pétrole et qui ne passent pas, comme le Gabon ou le Congo-Brazzaville, pour des exemples de démocratie.

B. Kouchner.- Mais enfin de quoi m’accuse-t-on ? J’ai toujours agi dans la légalité et la transparence, déclaré mes revenus, payé mes impôts. Je n’ai jamais signé un seul contrat avec un Etat africain. Jamais. J’ai été un des consultants d’une entreprise française – Imeda – dans un domaine que je connais : celui de la médecine et de la santé publique. J’ai travaillé à un projet auquel je tiens : l’assurance maladie pour les africains, qui permettra aux indigents d’être pris en charge. Au Gabon, une loi de janvier 2007, votée à la suite de mon travail qui a duré trois ans, instaure un "régime obligatoire d’Assurance maladie" et j’en suis fier. J’ai aussi travaillé au Nigeria, au Bénin, mais également en Ukraine, en Roumanie, en Pologne. Y-a-t-il quelque chose de choquant qu’un ancien ministre de la santé, qui a fait pendant des dizaines d’années des missions humanitaires pour Médecins sans Frontière - Prix Nobel de la Paix je le rappelle -, Médecins du Monde et bien d’autres sans toucher un centime, rédige des rapports permettant à des pays africains d’améliorer leur système de santé ? Pour ce travail, j’ai été rémunéré à un tarif inférieur à ceux pratiqués, à l’époque, par les consultants de la Banque mondiale ou de l’OMS.

N.O.- C'est-à-dire…

B. Kouchner.- Sur trois ans de travail, j’ai gagné un peu moins de 6000 euros par mois après impôts. BK Conseil et BK Consultants que j’avais créées ont été fermée pour la première et mise en sommeil pour la seconde lorsque j’ai été nommé au Quai d’Orsay.

N.O.- Etait-il normal qu’après votre arrivée au Quai d’Orsay, vous nommiez le patron d’Imeda, Eric Danon, ambassadeur à Monaco et que ce dernier, dès son arrivée en poste, réclame au gouvernement gabonais le versement des 817 000 euros qui restaient dus à sa société et à Africa Steps, société dont l’un des fondateurs a été en 2002 votre futur conseiller de presse [présent lors de cet entretien] Jacques Baudouin ?

B. Kouchner.- Jacques Baudouin et moi avons immédiatement mis un terme à nos activités en arrivant au Quai d’Orsay. Quant à Eric Danon, il est diplomate de carrière, et sur cette question de droit, le comité d’éthique du ministère va se prononcer prochainement.

N.O. - Avez, vous, comme l’affirme Péan, réclamé à Omar Bongo, après votre arrivée au Quai d’Orsay, le paiement des sommes dues à Imeda et Africa Steps?

B. Kouchner.- Encore une façon de jeter le doute ! Je suis venu lui dire que je ne pouvais plus m’occuper du système gabonais d’assurance maladie.


N.O.- Avez-vous l’impression d’être la cible d’une entreprise de déstabilisation ?
B. Kouchner. – Je crois que c’est assez clair.

N.O.- Qui, dans ce cas, est derrière cette entreprise ?

B. Kouchner.- J’ai quelques hypothèses. La première, c’est la jalousie. Dans certains cercles, on n’aime pas la réussite. Pas la mienne en l’occurrence, celle d’un homme qui est resté populaire, hors du gouvernement ou dans le gouvernement qu’il soit de gauche ou de droite. Certains continuent de penser que j’ai abandonné la gauche - bien que je reste social démocrate et que je n’aie pas l’intention d’adhérer à l’UMP. J’agace aussi à droite où certains me trouvent illégitime. Certains réseaux me détestent. Lesquels ? Certainement les nostalgiques des années 30 et 40 et tous les révisionnistes, ceux d’hier et ceux qui, aujourd’hui, réécrivent l’histoire du génocide tutsi au Rwanda.

Propos recueillis par René Backmann et Vincent Jauvert



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Péan dénonce les amalgames de Kouchner et du Nouvel Obs

Dans un numéro à paraître du Nouvel Observateur Pierre Péan est traîné dans la boue par le ministre mais aussi par trois journalistes de l'hebdomadaire. Il leur répond ci dessous.


L'auteur du «Monde selon K» (Fayard) en librairie aujourd'hui, est violemment attaqué par le ministre des Affaires étrangères sur le site nouvelobs.com. Il répond aux questions de Marianne2.



Marianne2 : Le Ministre vous accuse d’être un nationaliste. Il dénonce l’usage d'un mot comme «cosmopolite anglo saxon » Pierre Péan : Je n’ai jamais écrit les mots de « cosmopolitisme » ou « d’américanolâtre », ces mots qui me valent l’accusation par le ministre d’avoir proféré une accusation « grotesque et nauséabonde ». Il est étrange et un peu décevant que des journalistes entament l’interview du ministre par des citations fausses.



Les journalistes du Nouvel Observateur parlent d’attaques aux relents nauséabonds. Ils vous accusent d’expliquer les actes du ministre par « sa double judéité »… P.P. : Je n’ai fait que reprendre une interview de Bernard Kouchner lui-même. Il évoquait en fait le moteur principal de son action de citoyen, avant même de devenir un homme politique. Il expliquait son engagement par le traumatisme de la deuxième guerre mondiale, l’obsession de « Plus Jamais ça ». Je n’ai repris ces déclarations que pour expliquer le sens de son itinéraire, ainsi que sa psychologie. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un passage à charge du livre.



Bernard Kouchner se défend sur l’affaire des factures en expliquant qu’il n’a rien fait d’illégal…P.P.

: Je n’ai jamais rien écrit de tel. Mon propos ne se situe pas dans une optique judiciaire mais sur le plan de la morale républicaine, en montrant le contraste saisissant entre une image de « chevalier blanc » toujours prompt à défendre la veuve et l’orphelin, et celle d’un consultant vendant ses services à des chefs d’Etats africains. Dans son interview, le ministre nous informe d’ailleurs que le cas d’Eric Danon, évoqué dans mon livre, fera l’objet d’un examen par le comité d’éthique. N’est-ce pas reconnaître, au fond, qu’il y a un problème d’éthique, comme je le souligne dans mon livre ?



Bernard Kouchner évoque à la fin de son interview la détestation de « nostalgiques des années 30 et 40 », de « révisionnistes ». Vous vous sentez visé ? P.P. :



Il s’agit d’un autre amalgame très insultant : si l’on est pas d’accord avec la version du conflit rwandais de Bernard Kouchner, on est révisionniste avec toute la charge et le soupçon que cela génère quand on évoque les années 30 et 40 et que l’on parle de révisionnisme. J’invite les lecteurs à lire ce que j’ai écrit : ils ne retrouveront aucune de ces accusations.



Les journalistes du Nouvel Observateur disent que ce sont des gens de la majorité qui vous ont donné les factures gabonaises et congolaises. P.P. : Je n’ai pas l’habitude de dévoiler mes sources et je ne vais pas commencer maintenant. Mais si toutefois, cette information se vérifiait, elle ne témoignerait pas d’une grande sérénité.

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Le Monde selon K» cartonne déjà
A peine sorti et déjà un succès! Le livre polémique de Pierre Péan qui égratigne le mythe Bernard Kouchner, «le monde selon K», démarre très bien. En quelques heures il a intégré le top 5 des ventes du site Amazon.fr. N'en déplaise au «un tiers mondain, deux tiers mondiste» les révélations sur d'éventuels conflits d’intérêts et la probable existence de juteux contrats avec des chefs d'États africains sont à la une. En route pour devenir un best-seller?
«Le Monde selon K» cartonne déjà



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[NOUVELOBS.COM
Les commentaires de la presse, mercredi 4 février, sur les accusations portées contre Bernard Kouchner dans le livre de Pierre Péan, "Le monde selon K." :

SUD OUEST
Patrick Venries

"(...)L'ex-French Doctor ne manquera pas d'arguments, jusqu'à la personnalité contestée de Pierre Péan, pour se défendre. Mais, au delà de l'interview que publiera demain Le Nouvel Observateur dans laquelle figurera en bonne place le rappel de son engagement de tous les instants en faveur des droits de l'homme, l'ancienne personnalité préférée des Français choisira-t-elle d'attaquer Pierre Péan en justice ? Au risque d'affronter un procès qui mettra forcément à jour des éléments très embarrassants pour la morale politique d'un ministre dont beaucoup, à droite comme à gauche, attendent la chute. À commencer par une question dont chacun est en droit d'attendre la réponse : que faisait Bernard Kouchner et la société BK Conseil, entre 2002 et 2007, auprès d'aussi sinistres dictateurs que Sassou Nguesso et Omar Bongo qui se soucient de leurs peuples comme d'une guigne? Difficile d'admettre que l'actuel ministre des Affaires étrangères y était bien à sa place."

LE COURRIER PICARD
Francis Lachat

"(...)Jouissant d'une grande popularité en France, plébiscité par les sondages de notoriété, il avait été appelé par Nicolas Sarkozy au poste de ministre des Affaires étrangères et européennes, qu'il occupe toujours, et pour lequel il continue de faire inlassablement le tour du monde. Désormais rejeté par ses anciens amis de la gauche, et en particulier du parti socialiste, le voilà maintenant dans une tourmente qu'il n'a sans doute jamais connue, car les accusations dont il est victime mettent le doigt, cette fois, sur de graves erreurs, et même sur des jeux d'influence douteux. S'il veut reprendre la main, et rétablir la vérité qui est la sienne, il lui faut réagir sans délai et apporter des données tangibles de sa bonne foi. Faute de quoi, il pourrait bien sombrer dans une disgrâce médiatique catastrophique, qui pourrait remettre en cause non seulement son poste de ministre, mais aussi toute la politique d'ouverture du président de la République."

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

"(...)Le livre de Pierre Péan explore un aspect moins reluisant du personnage qui, à en croire son enquête, ne se serait pas gêné de pratiquer le mélange des genres au profit de nourritures bien terrestres. Notre diplomatie s'en serait trouvée embarrassée. Au point de provoquer l'éviction d'un secrétaire d'Etat et d'empêcher la liquidation des derniers vestiges de la Françafrique. Si elle se confirmait, l'image serait désastreuse au regard d'une opinion publique qui, pourtant, n'entretenait déjà pas beaucoup d'illusions sur la classe politico-médiatique. Alors que l'avalanche des plans sociaux resserre quotidiennement l'étau de la crise sur chacun de nous, la tache sur l'honneur d'une des dernières effigies du désintéressement et de la générosité, en confirmant l'opportunisme traduit par son ralliement à Nicolas Sarkozy, offrirait un angle d'attaque idéal aux démagogues que les temps difficiles qui s'annoncent ne manqueront pas de faire surgir. Un travail d'explication s'impose. Pour le moins."

LE PROGRES
Francis Brochet

"Il doit se sentir bien seul, Bernard Kouchner. L'homme de tous les honneurs, les plus mérités comme les plus dérisoires, fait aujourd'hui face au soupçon. Le pire imaginable pour l'éternel French Doctor, l'infatigable moraliste: le soupçon d'affairisme au détriment des plus faibles, au service des plus forts. Il cherche ses amis, quand ses ennemis flairent le sang. 'S'il a encore un honneur, il doit s'expliquer', mord le socialiste Montebourg. Le Vert Cochet fait dans le compliment empoisonné, loue son courage mais rappelle des 'opérations douteuses entre l'argent et l'éthique'. Aubry joue la copine sermonneuse, plaignant ce 'pauvre Bernard' qui 'aime un peu trop le pouvoir'. Et la majorité ? Un député UMP, un seul, a déclaré 'tomber des nues' - cela doit sans doute s'entendre comme un soutien... Et le gouvernement ? Rien. Pas un mot. Pauvre Bernard, qui aimait tant le pouvoir."

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

"(...) La France n'en aura donc jamais fini avec l'Afrique. C'est encore ce tissu de relations privilégiées peut-être, mais pourries, viciées de l'intérieur par l'argent, qui pourrait, pour le moins, déstabiliser le très populaire ministre des Affaires étrangères. Pourrait. Car le livre-brulôt de Pierre Péan est aussi mâtiné de règlements de compte personnels. Il n'empêche que les accusations de 'mélange des genres' sont particulièrement graves et qu'il faudra bien que Bernard Kouchner s'en explique. Il y a, c'est une évidence, une lourde dissonance entre le rôle d'un médecin, qu'il soit du monde ou sans frontières, et celui d'un consultant grassement payé par des tyrans africains accusés de 'crimes contre l'humanité'. Les grands personnages publics ont la fâcheuse manie de porter souvent plusieurs casquettes. Il y a ici manifestement un casque colonial de trop. Si c'est vrai, c'est fâcheux ! Si c'est vrai, c'est odieux!"

LE MIDI LIBRE
Philippe Palat

"(...) Le monde selon K., un livre signé Pierre Péan. On sait les dégâts que les écrits de cet auteur redouté peuvent provoquer. Et ne jamais réparer. Pire : avant même parution de l'ouvrage assassin, la victime expiatoire est déjà clouée au pilori. A commencer par certains de ses ex-amis socialistes qui, après l'avoir accusé de haute trahison le jour où il entra au gouvernement, lui reprochent à demi-mot son absence d'honneur. Profitant de l'aubaine, et parce que jaloux de la surexposition médiatique du transfuge, ses nouveaux 'amis' politiques ricanent, eux aussi, sous le manteau. Mais l'icône populaire à la mèche bien rangée et au sourire ravageur a l'estomac bien accroché. D'autant que le bouquin qui veut lui faire la peau tricote un procès sur la base de positions politiques, certes parfois anachroniques, mais qui ne justifient pas qu'on fasse de Kouchner un bandit de grand chemin. Il y a des cas K. parfois douloureux..."

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

"(...)A droite également, l'arrivée des Besson et Kouchner n'a pas fait que des heureux, et cela d'autant plus que leur changement de camp n'a pas entraîné de mouvements de fond dans l'électorat. Bref, des deux côtés de l'arc politique, les adversaires de Bernard Kouchner ne lâcheront pas leur proie. Quoi qu'il en soit, le ministre des Affaires étrangères a intérêt à blinder son système de défense. Les accusations qui sont portées contre lui mettent à mal tout son discours, souvent grandiloquent, sur la morale. Oui, Bernard Kouchner joue très gros dans cette affaire, surtout dans une période cruciale où Nicolas Sarkozy a d'autres chats à fouetter. Si des parlementaires ont déjà sommé le locataire du Quai d'Orsay de s'expliquer, on imagine aisément que la même requête a été présentée par l'Elysée."

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"(...)Au nom des bonnes causes qu'il défendait, on lui pardonnait son goût pour l'exposition médiatique et 'l'humanitaire spectacle'. On répugne ensuite à rallier le camp de ceux qui, à gauche, tiennent leur revanche sur le 'traître' au PS et rêvent de l'achever. Pour tout cela donc, on éprouve de la gêne. Et pourtant, on redoute que Bernard Kouchner ne se trouve dans un très mauvais pas, en étant plus la victime de lui-même que des autres. En mal de cette reconnaissance que lui dispensait si chichement le PS, il n'a pas résisté aux sirènes sarkozystes, au prix de quelques tonitruants renoncements sur les principes. Rama Yade, secrétaire d'État si maltraitée aux droits de l'Homme, ne dira pas le contraire. Alors, il se peut que le Kouchner que les Français appréciaient ait changé, par goût du pouvoir autant que de l'argent. Du coup, il se pourrait bien aussi que Nicolas Sarkozy refuse d'entretenir le mythe."

LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

"(...)Soyons justes : en déclarant qu'elle le considérait comme un homme honnête, Martine Aubry a désamorcé les attaques que son camp pouvait fourbir contre le ministre des Affaires étrangères. Ceux qui le connaissent savent que Kouchner, fondamentalement généreux, n'est pas un homme d'argent. ll reste néanmoins le sentiment d'un piètre politique dont la maladresse est parfois coupable au risque d'écorner sa popularité. Quand il donne le coup de pied de l'âne à Rama Yade en semblant abjurer ce combat pour les droits de l'Homme qui fut toute sa vie. Quand il s'en prend au journaliste Ulysse Gosset dont l'interview sur France 24, certes un peu critique, n'avait rien de choquante. Quand il fait mine de s'étonner que l'on puisse contester la nomination malsaine de Christine Ockrent à la tête de l'audiovisuel extérieur. Ou même quand Kouchner semble trépigner à l'idée que le président de la République décide en politique étrangère, une règle d'airain sous la Ve. Au fond, ce cabotin légèrement colérique ne serait-il pas un peu naïf?"





LIVRE DE PIERRE PEAN

Bernard Kouchner répond dans l’Obs

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 18:14

Réagissez à l'article12 réactions

Bernard Kouchner répondra jeudi dans Le Nouvel Observateur aux accusations portées dans le livre de Pierre Péan. Dans un long entretien accordé aux journalistes du Nouvel Obs, le ministre des affaires étrangères revient sur les principaux points à charge contenus dans cet ouvrage.

A côté d’accusations concrètes portant sur le "mélange des genres" pratiqué par l’ex french doctor, le livre retient aussi l’attention par son inspiration nationaliste. Pierre Péan n’hésite pas à accuser Bernard Kouchner de détester la France et de se comporter en "américanolâtre" cosmopolite … Son caractère de règlement de comptes personnel est également souvent gênant. Tout en revenant dans la majeure partie du livre sur le passé de Bernard Kouchner sur lequel il porte une appréciation systématiquement négative, "Le monde selon K" qui paraît mercredi, aborde deux dossiers "financiers" potentiellement compromettants pour le ministre des affaires étrangères.
Il rappelle qu’après avoir dénoncé la "narco-dictature" en Birmanie, Bernard Kouchner a, en 2003, rédigé, pour 25.000 euros, un rapport justifiant la présence de Total dans ce pays (comme l’avait révélé alors le Nouvel Observateur).
Il rappelle aussi que le fondateur de MSF a travaillé comme consultant pour le potentat du Gabon, Omar Bongo ainsi que pour le chef d’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, accusé, devant la justice, de "crimes contre l’humanité". Pierre Péan souligne qu’il y aurait confusion des genres entre son rôle à la tête d’organismes d’assistance médicale non lucratifs et ses missions de consultant privé et rétribué. Il accuse également Bernard Kouchner d’avoir utilisé sa position de ministre pour faire payer les factures africaines en souffrance.
Il revient enfin sur une autre affaire embarrassante : la nomination de la femme du ministre des Affaires étrangères à la tête de l’audiovisuel extérieur. En plein conflit d’intérêts, Christine Ockrent aurait, selon lui, licencié plusieurs journalistes qui auraient critiqué son mari.
Ce livre à charge déstabilisera-t-il le ministre ? Jusqu’à quel point ?
Tout dépendra de l’ampleur que les médias donneront à "l’affaire Kouchner" - et de la suite que lui apportera Nicolas Sarkozy. D’après nos informations, des proches de l’Elysée ont, eux-mêmes, fourni un certain nombre des documents à charge, notamment des factures, qui compromettent Bernard Kouchner.
L’ont-ils fait sur ordre de certains conseillers du président de la République qui voudraient se débarrasser du ministre des Affaires étrangères ? Ou ont-ils agi dans le cadre d’un de ces sombres règlements de compte dont la "Françafrique" a le secret ?

René Backman, Jean Baptiste Naudet, Vincent Jauvert



Source marianne

Comment Bernard Kouchner se prépare à contre-attaquer
Le Ministre s'exprimera dans le Nouvel Observateur de jeudi prochain, pour dénoncer «le retour des années 30» à propos du livre de Pierre Péan, «Le monde selon K» .




Alors que le livre de Pierre Péan «Le monde selon K» (Fayard) sera disponible demain en librairie, Bernard Kouchner a arrêté avec son staff sa riposte médiatique. Elle prendra la forme d’une interview au Nouvel Observateur qui fera sa une sur le sujet (comme VSD d’ailleurs, qui titre demain sur «Un couple dans la tourmente»). Mais le Ministre ne se contentera pas de répondre. Il évoquerait, à propos du «ton du livre» évoquer les années 30. Déjà, Bernard Kouchner a parlé, devant son cabinet hier matin, «du retour des années 30», décrivant même, devant certains de ses collaborateurs, Pierre Péan comme «un homme malsain et antisémite», Le cabinet a d’ailleurs tenté d’initier une pétition de défense du Ministre, pétition qui semble n’avoir rien donné pour l’heure.
De son côté, le site Arrêt sur Images pointait ce matin le silence assourdissant des télévisions sur le dossier Kouchner. Parallèlement, après avoir publié un communiqué très dur sur le ministre des Affaires étrangères (voir encadré ci-dessous), le député socialiste Arnaud Montebourg tentait ce matin de convaincre les membres du groupe socialiste de l’Assemblée d’assumer collectivement une question d’actualité sur le cas Kouchner. A suivre.




COMMUNIQUE DE PRESSE

Les importantes révélations relatives aux multiples conflits d'intérêt et aux affaires d'argent dans lesquels se débat le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, constituent pour le moins de graves infractions à la morale publique. L'ex french doctor n'est plus seulement dans une dérive idéologique qui l'a amené à s'aligner sur les positions de la droite américaine. Le voici dans une pénible dérive affairiste où l'argent de la Françafrique rémunère grassement le faux idéal de Bernard Kouchner Faut-il rappeler que la Constitution du 4 octobre 1958 prohibe toute conservation d'intérêt quel qu'il soit, surtout d'ordre financier, pour un ministre en exercice, en relation avec les affaires publiques dont il a la charge ? Les informations publiées et non sérieusement démenties par Bernard Kouchner portent une atteinte irrémédiable au principe d'honnêteté de la République, à l'image de désintéressement des combattants de l'humanitaire et plus gravement, au rayonnement international de la France.

La réputation contestable sur le terrain des droits de l'homme des chefs d'Etats africains, bailleurs de fonds de la société qui a versé de l'argent au ministre des Affaires Étrangères, achève de déconsidérer l'intéressé, en confirmant sa préférence pour l'argent et l'affairisme, plutôt que la défense de l'idéal des droits de l'homme.

Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s'expliquer sérieusement devant l'opinion publique.

Arnaud Montebourg Député de Saône et LoirePrésident du Conseil Général de Saône-et-Loire

Va, lis et reviens :



* Exclusif: le livre qui peut ruiner Kouchner
* Kouchner: calomnie ou quiproquo ?
* Affaire Kouchner: riposte du ministre, nouveaux éléments.
* Kouchner, ministre des factures étrangères
* France 24 attend la reine Christine en tremblant
* L'affaire Kouchner effleurée sur RFI, ignorée sur France 24

Source JDD


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Dimanche 01 Février 2009
L'Elysée s'interroge

Par Claude ASKOLOVITCH
Le Journal du Dimanche

>>Bernard Kouchner a rendez-vous avec le conseiller juridique de Nicolas Sarkozy, Patrick Ouart, pour évaluer les dégâts du livre de Pierre Péan.

Quand des premières attaques étaient sorties sur Internet, le ministre des Affaires étrangères avait assuré Nicolas Sarkozy qu'il allait "se défendre". A l'Elysée, on va suivre avec attention l'éventuelle affaire Kouchner.

Si sa réputation était abîmée, un débat pourrait s'ouvrir sur l'utilité du populaire ministre, que "Sarkozy aime bien sans le prendre toujours au sérieux", selon un ministre. "Si l'affaire reste un débat pour le microcosme, il ne sera pas menacé, analyse un autre. Mais si l'opinion s'en empare, si les diplomates commencent à protester, il sera en danger.

Allez plus loin et découvrez en intégralité le Journal Du Dimanche en version PDF.


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Affaire Kouchner: riposte du ministre, nouveaux éléments
Où l'on apprend que Bernard Kouchner confirme, involontairement, les informations publiées par Marianne2 hier, ainsi que par Bakchich, en publiant plusieurs documents sur le dossier.


La publication de premiers éléments de l’enquête de Pierre Péan sur les activités de consultant au Gabon de Bernard Kouchner et de deux de ses collaborateurs, Eric Danon et Jacques Beaudoin, a provoqué un début de panique au Quai d’Orsay. Ce dernier notamment se serait, selon le témoignage de certains proches du dossier, beaucoup agité pour prendre connaissance d’une enquête qu’il ne pourra lire qu’une fois publiée, c’est à dire dans plusieurs semaines selon nos informations.
Puis, dans l’après-midi, le Quai d’Orsay contactait l’AFP pour lui demander de publier un communiqué que nous reproduisons ci-dessous dans son intégralité.



COMMUNIQUE DE BERNARD KOUCHNER MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES

« Pour répondre à certaines allégations inexactes diffusées sur un site internet, Bernard Kouchner tient à faire préciser :

« Depuis sa prise de fonction en tant que ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner a cessé toute activité au sein des sociétés BK Conseil et BK Consultants. La société BK Conseil a été dissoute le 18 mai 2007. Depuis la nomination du Ministre, BK Consultants n’a plus aucune activité commerciale et ne saurait avoir perçu quelque rémunération que ce soit.
Le ministre dément formellement « avoir fait passer des prestations de conseil et d’audit sous l’égide de trois sociétés ».
Bernard Kouchner n’a jamais appartenu à la société IMEDA dont il était l’un des consultants et n’avait donc aucune raison de se préoccuper du règlement des factures de celle-ci. S’il a pu être amené à évoquer son rapport sur l’Assurance maladie au Gabon avec le président Bongo, c’est uniquement pour s’informer de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi née de ce rapport.

Le travail de Bernard Kouchner sur ce projet d’Assurance maladie au Gabon était notoirement connu des medias gabonais et a fait l’objet d’une communication publique au cours des Etats Généraux de la Santé à Libreville.

L’activité de Bernard Kouchner, comme Président fondateur du GIP ESTHER était une activité purement bénévole exercée dans le cadre des décisions prises par le conseil d’administration. C’est le GIP ESTHER qui a permis notamment les nombreux jumelages hospitaliers entre pays européens et pays en développement en particulier dans le domaine du sida.

Bernard Kouchner s’enorgueillit d’avoir toujours mené, dans ses diverses fonctions et dans le cadre strict des règles de celles-ci, un combat permanent en faveur de la santé publique en Afrique.

Bernard Kouchner se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires pour prévenir ou sanctionner toutes allégations mensongères à son égard et en a chargé Me Georges Kiejman. »

La page du site IMEDA qui prouve ses liens avec Bernard Kouchner (page aujourd'hui supprimée du site)
La page du site IMEDA qui prouve ses liens avec Bernard Kouchner (page aujourd'hui supprimée du site)
Refusant de se transformer en petit télégraphiste du Quai d’Orsay, le journaliste de l’AFP a repris l’essentiel de la contre-argumentation du ministre ainsi que les principaux éléments de l’article de Marianne2. Il est vrai que l’argumentaire de Bernard Kouchner semble pétri de contradictions, et d’imprécisions :
1) Le Ministre évoque deux sociétés qu’il a créées, BK Conseil et BK Consultants, sans indiquer pourquoi la seconde, société en nom personnel, a succédé à la première.
2) Il indique à la fois qu’il n’a jamais « appartenu à la société IMEDA » tout en précisant « qu’il en était l’un des consultants », ce qui, s’agissant d’une société de conseil, est tout de même un lien assez puissant, surtout quand ladite société est créée par deux des proches collaborateurs du ministre.
3) Il indique qu’il n’a jamais été rémunéré au titre de la Présidence d’Esther, octroyée grâce à ses bonnes relations avec Dominique Ambiel et le Premier ministre de l’époque Jean-Pierre Raffarin. Mais Pierre Péan s’était contenté d’évoquer « une fonction officielle » sans indiquer que le ministre avait été payé pour l’exercer.



4) Enfin, Bernard Kouchner reconnaît avoir « pu être amené à évoquer son rapport sur l’Assurance maladie au Gabon avec le président Bongo ». Mais c’était « uniquement pour s’informer de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi née de ce rapport. » Dans le monde feutré des relations diplomatiques, cela pourrait revenir un peu au même, surtout si, derrière les rencontres officielles, s’agite un proche du ministre pour accélérer le paiement des factures comme le rapportait Pierre Péan.

En fait, le seul important à retenir de la défense du ministre est le choix de l’avocat Georges Kiejmann, l’un des avocats les plus redoutables (et les plus redoutés) du barreau de Paris. Ce choix montre à quel point Bernard Kouchner considère le dossier comme crucial.
Le mobilisation de ce ténor du barreau était d’autant moins superflue que, quelques heures après la publication du communiqué kouchnérien, Xavier Monnier publiait, sur le site bakchich.info les documents qui valident tous les chiffres cités par Pierre Péan dans Marianne2 lundi. Bakchich apporte un élément complémentaire en reproduisant un écran du site IMEDA (écran aujourd’hui disparu d’Internet) indiquant la nature des prestations (« un audit complet du système gabonais et proposition de réforme » et « l’élaboration d’un nouveau plan national de développement sanitaire ») ainsi que l’auteur du travail, Bernard Kouchner, Président de BK Conseil.

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La presse étrangère découvre l'autre visage de Kouchner
Depuis quelques jours le livre de Pierre Péan, «le monde selon K», suscite de nombreuses réactions dans les journaux. Et pas seulement dans l'Hexagone! La presse étrangère s'intéresse également à l'affaire, égratigne Kouchner et encense l'enquêteur.



Voilà désormais le French Doctor confronté à l’opinion publique internationale. Peut-être aurait-il souhaité que ce soit dans d’autres conditions. La plupart des journaux Britanniques reviennent sur « l’affaire Kouchner », s’attardant sur les affaires africaines du ministre.

« L'argent des dictateurs africains pour le Monsieur Propre français » titre The Guardian, qui ajoute que le président Sarkozy avait promis de rompre avec le passé trouble de la Françafrique. Pour le Times, Bernard Kouchner se bat pour son « honneur politique », « Monsieur Péan décrit le Dr Kouchner, ancien administrateur de l'ONU pour le Kosovo, comme un hypocrite motivé par le l’appât du gain, engagé en tant que consultant pour les gouvernements du Congo-Brazzaville, du Gabon et d’autres. Bien loin de son image lisse de militant des droits de l'homme ».

The independent qui évoque un livre « au vitriol », est le seul journal à revenir sur les « passages insidieux où il est question de cosmopolitisme et d’anti France » en citant les propos de Kouchner à l’Assemblée qui y voyait un retour inquiétant au vocabulaire des années 30.

Le Washington Post y consacre un long article politique et estime que « le bureau de Sarkozy devra décider si le tapage fait autour de ce livre l’affaiblit dans sa fonction de ministre. Pour l’instant, le Premier Ministre, François Fillon évoque « une chasse à l’homme » et le chef de l'UMP, Xavier Bertrand, a suggéré que le livre, était une façon pour le Parti socialiste à régler ses comptes avec Kouchner. »

Le journal américain revient également sur le couple Kouchner-Ockrent. La journaliste a, en effet, débuté sa carrière aux États-Unis : « Kouchner et son épouse, la journaliste Christine Ockrent, ont fréquenté le milliardaire Bernard Tapie, passé du temps sur son yacht, , acheté une maison de vacances en Corse, passé de longs moments dans la luxueuse villa marocaine de Bernard Henri Lévy. Bien loin de l’image du chevalier blanc de l’action humanitaire, pour lui, et des usages classiques du journalisme américain, pour elle. »

Pour La Presse, quotidien de Montréal, « l'affaire » est d'autant plus gênante que Pierre Péan est un « redoutable journaliste d'investigation », « l'un des meilleurs de France » écrit même l'Irish Times qui parle de « la chute d'une icône » concernant « Mister K ».

Preuve que les médias étrangers ne se payent pas de mots quant il s'agit de déboulonner les politiques même les plus populaires.



Vendredi 06 Février 2009 - 06:59

Régis Soubrouillard et Pierre Chausse






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Ecrire un commentaire Commentaires (1)

karla le 07/02/2009
Kouchner exquive les accusations de moralité en se cachant sur l'antissemitisme de Péan tout de même l'editeur de Péan est juif et se connaissent depuis longtemps l'antissemitisme de Péan ne tient pas debout comment facturer 10.000 euros par page à un pays du tiers monde. Qui peut commprendre cette attitude de Couchner l'homme de ma morale universaire je suis déçu c'est tout.
http://perewenceslas.centerblog.net


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