Paul Kagame veut engager des poursuites judiciaires à l'encontre des ressortissants français dont l'actuel président de la République
L'actuel président rwandais, Paul Kagamé, a déclaré que le Rwanda pourrait engager des poursuites pour crime à l'encontre de certains ressortissants français eu égard à leur rôle présumé dans le génocide de 1994 au Rwanda.
Lundi dernier, en Egypte, Paul Kagamé a annoncé que la publication prochaine d'un rapport prouvant le rôle de la France officielle dans le génocide qui a conduit au massacre de plus d'un million d'Êtres humains allait donner le feu vert à des procédures à l'encontre de certains officiels.
« Le rapport identifie ceux qui ont encouragé les milices et nos juges vont probablement procéder à l'inculpation de certains d'entre eux », a déclaré Paul Kagamé à la télévision Bloomberg au cours d'une interview accordée à l'occasion d'un meeting de l'Union Africaine à Sharm-el-Sheikh en Egypte. Il n'a apparemment pas identifié ceux qui seront inculpés.
A l'occasion d'une conférence de presse tenue le mois dernier, le président rwandais avait déclaré que le gouvernement de Kigali était en train de finaliser le rapport établi par un panel de sept membres sous la direction de l'ancien ministre rwandais de la Justice, Jean de Dieu Mucyo. La publication de ce rapport est attendue courant juillet.
« Il ne saurait y avoir de justice distincte pour l'Europe et l'Afrique », a déclaré le président rwandais. S'il s'avérait qu'elles soient différentes, ce ne serait certainement pas en conséquence d'une extension du pouvoir juridictionnel européen à d'autres pays, particulièrement en Afrique. »
Les autorités rwandaises ont déjà donné leur feu vert à une note qui donnerait aux juges rwandais une compétence internationale, ce qui signifie qu'ils pourraient inculper des étrangers.
Le président français Nicolas Sarkozy - lui-même désigné par un témoin de haut rang à la commission d'enquête rwandaise comme ayant fait parti des acteurs du plan de financement du génocide - a cherché à normaliser les relations entre la France et le Rwanda. Le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, s'est, quant à lui, déjà rendu au Rwanda sans pour autant reconnaître la responsabilité de la France.
« Nous voulons tourner la page, nous voulons regarder vers l'avenir », avait déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue d'une rencontre avec son homologue rwandais à l'occasion du sommet Europe-Afrique de Lisbonne en décembre dernier. Le président français avait alors décrit cette rencontre comme étant « le point de départ de la normalisation » des liens entre les deux pays.
Au cours de l'enquête de la Commission rwandaise, de nombreux témoins triés sur le volet ont mis en avant l'aide apportée, sur les ordres de Paris - alors sous la présidence de feu François Mitterrand - par des officiers militaires supérieurs français à l'ancien gouvernement rwandais..
De 1993 à 1995, Nicolas Sarkozy était ministre du Budget dans le gouvernement d'Edouard Balladur. C'est au cours de cette période que plusieurs millions de francs français auraient, selon certaines sources, été utilisés pour acheter des armes au profit du gouvernement d'Habyarimana - qui plus tard seront mis au service de la machine génocidaire.
D'autres officiels français sont dans le collimateur de Kigali, dont l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin ainsi que l'actuel ambassadeur français en Espagne, Bruno Delaye.
Source :Mujawamariya Belise" à
rwandanet@yahoogroups.com
3 juillet 2008
Le gouvernement rwandai a un problème sérieux : les mandats d’arrêts internationaux lancés par le pouvoir français par l’intermédiaire du Juge Bruguière. Ceux-ci le bloquent énormément, notamment par la conséquence logique, la rupture des relations diplomatiques.
Ainsi, par le jeu de "Schengen" les ressortissants du Rwanda ont du mal a obtenir des visas pour l’Europe, ce qui pénalise l’économie. Comment s’en sortir ?
Que les neufs personnes visées se rendent au autorités française et fasse confiance à la "justice" de ce pays ? Toute chambre d’accusation qui pourrait être saisi ne fera que confirmer la décision du juge d’instruction et renverrait les prévenus devant les tribunaux où ils seraient immanquablement condamnés. Pour les responsables français ce serait une trop belle occasion de se dédouaner à jamais de leur responsabilité dans le génocide ! Ils ne la rateraient sous aucun prétexte, ni par aucune négociation ! Alors ? Il reste la solution du rapport Mucyo... Publier ce rapport et en tirer les conséquences judiciaires qui s’imposent devant les juridictions internationales. C’est la seule manière de démontrer l’implication des responsables français concernés et de dévoiler ainsi, au yeux du monde, la "farce" des mandats du juge Bruguière.