Posté le 23.12.2007 par perewenceslas
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Posté le 24.12.2007 par perewenceslas
LETTRE OUVERTE AU MINISTRE FRANÇAIS DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES.
Bruxelles, le 05 Octobre 2007
Gen. Emmanuel Habyarimana
Président du Partenariat- Intwari
Avenue de Tourbillon 42
1950 Sion/Suisse
Tel : +41...
E-mail : emmanuel.habyariman a@yahoo.fr
A
Monsieur Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères et européennes
37, Quai d’Orsay
Paris
Objet : Interview avec Europe 1 sur la réconciliation franco-rwandaise
Monsieur le Ministre,
Permettez-moi, par la présente, de vous faire part de la réaction du Partenariat- Intwari à votre interview captée sur Europe 1 le 02 octobre 2007 dont une partie était consacrée aux relations tumultueuses existant entre la France et le Rwanda.
Vous avez raison, Monsieur le Ministre, de qualifier le drame rwandais de « cas de conscience » et de souligner l’urgence pour la France de se réconcilier avec « un pays massacré ». Vous avez surtout raison d’affirmer dans le cas du Rwanda qu’ « un génocide a été commis sous nos yeux télévisés » et que « nous n’avons rien fait » en parlant sans doute de la Communauté internationale.
Tout en considérant, comme vous, que « les gens massacrés ne sont pas responsables de leur massacre », nous pensons que vous prenez le risque d’alimenter une confusion très dangereuse en affirmant ne pas vouloir « confondre les assassinés et les assassins » dans la mesure où vous semblez ainsi reprendre en la cautionnant l’imposture du FPR qui, depuis sa conquête du pouvoir par les armes et sans doute dans le but d’éluder la moindre critique, tente de présenter sa dictature comme étant le pouvoir des survivants du génocide. Cette thèse inacceptable ayant été avancée le 16 août dernier par votre homologue rwandais M. Charles Murigande sur les ondes de la radio Okapi, nous y avions vivement réagi par notre Communiqué du 24/08/2007 que j’annexe à la présente. Il nous semble cynique, pour notre part, de prétendre qu’à Kigali « les survivants de l’horreur et du génocide » sont au pouvoir alors qu’au même moment le collectif IBUKA lance des appels pressants suite à des éliminations de plus en plus nombreuses et rarement élucidées visant des rescapés Tutsi sans épargner d’autres témoins du génocide (Voir Communiqué d’IBUKA du 03/10/2007 ainsi que le nôtre du 12/02/2007).
Monsieur le Ministre,
Que le drame rwandais soit un « cas de conscience », cela n’est pas discutable. Mais qu’une enquête globale et impartiale s’impose sur cette tragédie aux contours obscurs et particulièrement complexes, cela nous semble inévitable dans la mesure où vous reconnaissez vous-même que 13 ans après, l’attentat du 06 avril 1994 qui l’a déclenché n’est pas encore élucidé.
A cet égard et à la lumière de vos récentes initiatives en direction de Kigali, le Partenariat- Intwari craint de voir la justice s’effacer au bénéfice des intérêts géo stratégiques et politiques des grandes puissances dont la France , ces mêmes intérêts qui, en réalité, sont à la base de la tragédie qui a dévasté le Rwanda et toute la région de l’Afrique des Grands Lacs. Vous avez d’ailleurs effleuré ce sujet en rappelant trop rapidement mais très pertinemment qu’au Rwanda la France s’était heurtée notamment aux Belges, aux Anglais et aux Américains sur fond du jeu d’influences multiformes sur la République démocratique du Congo. Nous aurions souhaité vous voir aller plus loin pour contribuer à clarifier le rôle joué dans le drame rwandais par chacun de ces acteurs sans oublier la responsabilité unique et décisive de l’Ouganda comme nous le soulignions déjà dans notre Communiqué du 21/08/2007.
Monsieur le Ministre,
Votre détermination à réconcilier la France avec un « pays massacré » est certes louable mais il nous semble indispensable de rappeler clairement que le Rwanda n’est pas à confondre avec le FPR qui compte parmi ses principaux fossoyeurs. Vous savez vous-même que la volonté du Général Paul Kagame de dissimuler sa propre responsabilité et celle de ses proches dans le génocide rwandais est à la base de la rupture des relations diplomatiques entre votre pays et le nôtre. Vous pouvez comprendre dans ce cadre que la seule manière pour la Communauté internationale de résoudre le « cas de conscience » que constitue effectivement le drame rwandais ne soit pas de se précipiter aux genoux du Général Paul Kagame mais plutôt de s’impliquer concrètement dans la réconciliation rwando-rwandaise sans laquelle aucune réconciliation avec le Rwanda n’aurait de sens.
Nous estimons au Partenariat- Intwari que seul un dialogue inter rwandais absolument inclusif serait en mesure de redonner espoir au peuple martyr du Rwanda en le réconciliant avec lui-même et en lui ouvrant la perspective de recouvrer sa dignité en tant que peuple dans le concert des Nations. La Communauté internationale qui avait lâchement trahi le peuple rwandais en 1994 et qui a cru ensuite soulager sa culpabilité en signant un chèque en blanc au profit des vainqueurs, ne peut plus se permettre d’assister passivement à la mise en place des conditions porteuses d'une nouvelle tragédie. Nous demandons à la France de donner l'exemple d’un engagement ferme pour la justice et contre l'impunité comme l’annonçait récemment le Président Nicolas Sarkozy devant l'Assemblée Générale de l'ONU. Nous saluons au passage votre appel en faveur d’une « Commission Justice et Réconciliation » pour le Rwanda afin « qu’on parle de ces choses au lieu de les dissimuler » comme vous l'avez si bien précisé. Nous espérons néanmoins qu’il ne s’agirait pas de traiter uniquement de la relation franco-rwandaise mais d’un traitement global et en profondeur de la problématique rwandaise dont nous entendons bientôt élucider les ramifications régionales et internationales.
Monsieur le Ministre,
Le schéma simpliste selon lequel au Rwanda « Les Hutu majoritaires ont tué les Tutsi minoritaires » est amplement dépassé. Alors que vous avez déclaré à Europe 1 que « le vrai génocide déclenché et préparé avait commencé à partir du 06/04/1994 », la Constitution de l’Etat FPR stipule en son article 14 que ce dernier a commencé le 01/10/1990 pour prendre fin le 31/12/1994. Faudrait-il négliger cette piste ? Le Partenariat- Intwari l’a sérieusement examinée et compte prochainement présenter le fruit de son enquête au Conseil de sécurité de l’ONU auquel il incombera alors d’en tirer toutes les conséquences.
Dans l’espoir de voir la France s’impliquer davantage pour le triomphe de la civilisation sur la barbarie, de la liberté sur l’exploitation de l’homme par l’homme et de la fraternité entre tous les peuples du monde, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma considération distinguée.
Emmanuel Habyarimana
Président du Partenariat- Intwari
Annexes :
1. Communiqué du 12/02/2007
2. Communiqué du 21/08/2007
3. Communiqué du 24/08/2007
CPI :
- Son Excellence Nicolas Sarkozy
Président de la République Française
- Europe1 et autres médias.
Posté le 13.01.2008 par perewenceslas
LE RWANDA N'A PAS SIGNE LE TRAITE CONTRE LA TORTURE.
Le Rwanda n’est pas signataire de la convention des nations unies contre la torture.
il ne s’est empressé de supprimer la peine de mort, uniquement pour que le TPIR et les pays occidentaux lui livrent des Rwandais pour les traiter à sa guise.
Pour Mémoire, Edouard Karamira a été livré par l’Inde en 1998. Il a été jugé par un tribunal spécial fait que pour lui.
Edourd Karamira a été condamné à la peine capitale le 14 février 1997 et exécuté par balle devant une foule amassée au stade de football de Kigali le 24 avril 1998.
Ce même jour, 23 autres personnes, dont une femme Virginie Mukankusi ont été exécutées. Les défenseurs de droits l’homme ont dénoncé des procès iniques contre les accusés et cette ’exécution capitale.
Voici les pays signataires de la convention contre la torture et actes inhumains et dégradants. Le Rwanda n’est pas sur cette liste.
Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment, New York, 10 December 1984
2 October 2007
Signatories: 74, Parties: 145.
Text:United Nations, Treaty Series , vol. 1465, p. 85.
Note: The Convention, of which the Arabic, Chinese, English, French, Russian and Spanish texts are equally authentic, was adopted by resolution 39/46 2 of 10 December 1984 at the thirty-ninth session of the General Assembly of the United Nations. The Convention is open for signature by all States, in accordance with its article 25.
signature ratification
Afghanistan 4 Feb 1985 1 Apr 1987
Albania 11 May 1994 a
Algeria 26 Nov 1985 12 Sep 1989
Andorra 5 Aug 2002 22 Sep 2006
Antigua and Barbuda 19 Jul 1993 a
Argentina 4 Feb 1985 24 Sep 1986
Armenia 13 Sep 1993 a
Australia 10 Dec 1985 8 Aug 1989
Austria 14 Mar 1985 29 Jul 1987
Azerbaijan 16 Aug 1996 a
Bahrain Mar 1998 a
Bangladesh 5 Oct 1998 a
Belarus 19 Dec 1985 13 Mar 1987
Belgium 4 Feb 1985 25 Jun 1999
Belize 17 Mar 1986 a
Benin 12 Mar 1992 a
Bolivia 4 Feb 1985 12 Apr 1999
Bosnia and Herzegovina 31 Sep 1993 d
Botswana 8 Sep 2000 8 Sep 2000
Brazil 23 Sep 1985 28 Sep 1989
Bulgaria 10 Jun 1986 16 Dec 1986
Burkina Faso 4 Jan 1999 a
Burundi 18 Feb 1993 a
Cambodia 15 Oct 1992 a
Cameroon 19 Dec 1986 a
Canada 23 Aug 1985 4 Jun 1987
Cape Verde 4 Jun 1992 a
Chad 9 Jun 1995 a
Chile 23 Sep 1987 30 Sep 1988
China 4 , 5 12 Dec 1986 4 Oct 1988
Colombia 10 Apr 1985 8 Dec 1987
Comoros 22 Sep 2000
Congo 30 Jul 2003 a
Costa Rica 4 Feb 1985 11 Nov 1993
Côte d'Ivoire 18 Dec 1995 a
Croatia 3 12 Oct 1992 d
Cuba 27 Jan 1986 17 May 1995
Cyprus 9 Oct 1985 18 Jul 1991
Czech Republic 6 22 Feb 1993 d
Democratic Republic of the Congo 18 Mar 1996 a
Denmark4 Feb 1985 27 May 1987
Djibouti 5 Nov 2002 a
Dominican Republic 4 Feb 1985
Ecuador 4 Feb 1985 30 Mar 1988
Egypt 25 Jun 1986 a
El Salvador 17 Jun 1996 a
Equatorial Guinea 8 Oct 2002 a
Estonia 21 Oct 1991 a
Ethiopia 14 Mar 1994 a
Finland 4 Feb 1985 30 Aug 1989
France 4 Feb 1985 18 Feb 1986
Gabon 21 Jan 1986 8 Sep 2000
Gambia 23 Oct 1985
Georgia 26 Oct 1994 a
Germany 7 , 8 13 Oct 1986 1 Oct 1990
Ghana 7 Sep 2000 7 Sep 2000
Greece 4 Feb 1985 6 Oct 1988
Guatemala 5 Jan 1990 a
Guinea 30 May 1986 10 Oct 1989
Guinea-Bissau 12 Sep 2000
Guyana 25 Jan 1988 9 May 1988
Holy See 26 Jun 2002 a
Honduras 5 Dec 1996 a
Hungary 28 Nov 1986 15 Apr 1987
Iceland 4 Feb 1985 23 Oct 1996
India 14 Oct 1997
Indonesia 23 Oct 1985 28 Oct 1998
Ireland 28 Sep 1992 11 Apr 2002
Israel 22 Oct 1986 3 Oct 1991
Italy 4 Feb 1985 12 Jan 1989
Japan 29 Jun 1999 a
Jordan 13 Nov 1991 a
Kazakhstan 26 Aug 1998 a
Kenya 21 Feb 1997 a
Kuwait 8 Mar 1996 a
Kyrgyzstan 5 Sep 1997 a
Latvia 14 Apr 1992 a
Lebanon 5 Oct 2000 a
Lesotho 12 Nov 2001 a
Liberia 22 Sep 2004 a
Libyan Arab Jamahiriya 16 May 1989 a
Liechtenstein 7 Jun 1985 2 Nov 1990
Lithuania 1 Feb 1996 a
Luxembourg 22 Feb 1985 9 Sep 1987
Madagascar 6 Oct 2001 3 Dec 2005
Malawi 11 Jun 1996 a
Maldives 20 Apr 2004 a
Mali 26 Feb 1999 a
Malta 13 Sep 1990 a
Mauritania 17 Nov 2004 a
Mauritius 9 Dec 1992 a
Mexico 18 Mar 1985 23 Jan 1986
Monaco 6 Dec 1991 a
Mongolia 24 Jan 2002 a
Montenegro 23 Oct 2006 d
Morocco 8 Jan 1986 21 Jun 1993
Mozambique 14 Sep 1999 a
Namibia 28 Nov 1994 a
Nauru 12 Nov 2001
Nepal 14 May 1991 a
Netherlands 9 4 Feb 1985 21 Dec 1988
New Zealand 14 Jan 1986 10 Dec 1989
Nicaragua 15 Apr 1985 5 Jul 2005
Niger 5 Oct 1998 a
Nigeria 28 Jul 1988 28 Jun 2001
Norway 4 Feb 1985 9 Jul 1986
Panama 22 Feb 1985 24 Aug 1987
Paraguay 23 Oct 1989 12 Mar 1990
Peru 9 May 1985 7 Jul 1988
Philippines 18 Jun 1986 a
Poland 13 Jan 1986 26 Jul 1989
Portugal 5 4 Feb 1985 9 Feb 1989
Qatar 11 Jan 2000 a
Republic of Korea 9 Jan 1995 a
Republic of Moldova 28 Nov 1995 a
Romania 18 Dec 1990 a
Russian Federation 10 Dec 1985 3 Mar 1987
Saint Vincent and the Grenadines 1 Aug 2001 a
San Marino 18 Sep 2002 27 Nov 2006
Sao Tome and Principe 6 Sep 2000
Saudi Arabia 23 Sep 1997 a
Senegal 4 Feb 1985 21 Aug 1986
Serbia3 12 Mar 2001 d
Seychelles 5 May 1992 a
Sierra Leone 18 Mar 1985 25 Apr 2001
Slovakia 8 May 1993 d
Slovenia 16 Jul 1993 a
Somalia 24 Jan 1990 a
South Africa 29 Jan 1993 10 Dec 1998
Spain 4 Feb 1985 21 Oct 1987
Sri Lanka 3 Jan 1994 a
Sudan 4 Jun 1986
Swaziland 26 Mar 2004 a
Sweden 4 Feb 1985 8 Jan 1986
Switzerland 4 Feb 1985 Dec 1986
Syrian Arab Republic 19 Aug 2004 a
Tajikistan 11 Jan 1995 a
Thailand 2 Oct 2007 a
The Former Yugoslav Republic of Macedonia 3 12 Dec 1994 d
Timor-Leste 16 Apr 2003 a
Togo 25 Mar 1987 18 Nov 1987
Tunisia 26 Aug 1987 23 Sep 1988
Turkey 25 Jan 1988 2 Aug 1988
Turkmenistan 25 Jun 1999 a
Uganda 3 Nov 1986 a
Ukraine 27 Feb 1986 24 Feb 1987
United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland 15 Mar 1985 8 Dec 1988
United States of America 18 Apr 1988 21 Oct 1994
Uruguay 4 Feb 1985 24 Oct 1986
Uzbekistan 28 Sep 1995 a
Venezuela (Bolivarian Republic of) 15 Feb 1985 29 Jul 1991
Yemen ov 1991 a
Zambia 7 Oct 1998 a
Posté le 13.01.2008 par perewenceslas
Les Rwandais grands demandeurs d'asile politique en Belgique
(Grioo.com 07/01/2008)
Les Rwandais ont été, parmi les Africains, les demandeurs d'asile les plus nombreux à obtenir le statut de réfugiés politiques en Belgique durant l'année 2007, a-t-on appris vendredi de source officielle à Bruxelles.
Selon un rapport du Commissariat général aux réfugiés, un organe de l'Etat belge, dont la PANA a pris connaissance, les Rwandais viennent en deuxième position après les Tchétchènes qui représentent le groupe le plus important de demandeurs d'asile de toutes origines en Belgique, qui a accordé le statut de réfugiés politiques à 2.122 requérants en 2007. Depuis l'année 2005, le nombre de Rwandais demandeurs d'asile a dépassé celui de Congolais, qui détenaient jusque-là ce record. En effet depuis la signature de l'Accord global et inclusif inter congolais, Bruxelles a décidé de ne plus accorder le statut de réfugié politique aux Congolais arrivés en Belgique.
Selon une étude statistique de l'Université de Liège, la communauté congolaise de Belgique compte actuellement 100.000 individus parmi lesquels 40.000 ont opté pour la nationalité belge, 20.000 ont gardé le passeport congolais, tandis que 40.000 autres Congolais vivent sans-papiers sur le territoire belge.
Ceux-ci sont toujours dans l'attente d'une décision de régularisation de leur séjour par l'Etat belge. Selon un accord gouvernemental dont l'application a été mise en veilleuse en attendant l'installation d'un gouvernement définitif, les sans- papiers hommes ayant séjourné 4 ans en Belgique et pouvant prouver avoir travaillé dans le pays seront régularisés. Il en sera de même pour les femmes avec enfants ayant séjourné trois ans sans discontinué en Belgique.
05/01/2008 Par PANAPRESS
Posté le 16.01.2008 par perewenceslas
Le cynisme du FPR
Les crimes commis par le Front Patriotique Rwandais (FPR) et son armée sont bien documentés. Mais la façon dont il tue ses victimes est moins connue. Seules quelques bribes ont filtré. Un pan de cette ‘‘méthodologie criminelle’’ a été dévoilé par le Lieutenant Abdul Ruzibiza, un officier de Renseignement du FPR, repenti.
Dans son témoignage du 14 mars 2004 (http://www.inshuti.org/ruzibiza.htm), complété par son livre : « Rwanda. Histoire secrète» (Paris, Éditions du Panama, 2005) Ruzibiza décrit comment les militaires du FPR tuaient des populations civiles dans les zones conquises entre 1990 et 1994. Il s’agit entre autres de : attacher les jambes de la victime, les bras sur le dos, tirer jusqu’à l’éclatement de la poitrine ; fracasser la tête de la victime avec une vieille houe; enfoncer des coups de poignards dans les côtes, donner des coups de pieds et de baïonnette dans le ventre ; suspendre le supplicié, renversé sur une poutre dressée horizontalement, jusqu’à ce que son sang gicle des oreilles, de la bouche et du nez ; brûler le corps avec le jus des bidons en plastic chauffés ; percer le sexe avec des épingles ; tuer les enfants en les prenant par les jambes pour briser leurs têtes sur le mur ; obliger l’enfant à avoir des relations sexuelles avec son père ou avec sa mère, obliger les frères et sœurs à avoir des relations sexuelles avant de les tuer ; enfoncer des morceaux de fer ou de bois dans le sexe des filles et des femmes violées. Bref, selon toujours Ruzibiza, les bourreaux prenaient du plaisir à contempler patiemment l’agonie de leurs victimes.
A ce tableau macabre, je vais y ajouter deux témoignages du même genre recueillis au début de cette année.
Il s’agit de l’assassinat de la famille Mwongereza en juin 1994 et de celui de JM qui venait de rentrer des camps de l’ex-Zaïre en 1996.
L’assassinat des membres de la famille Mwongereza est décrit par Edouard Kabagema dans son livre : « Carnage d’une nation. Génocide et Massacres au Rwanda 1994 » (Paris, Editions L’Harmattan 2001, pp.152-155). Mais d’autres éléments inédits arrivent au fur des années.
Homme d’affaires, Josias Mwongereza et toute sa famille de 48 personnes furent tués en Juin 1994 à Nyanza au Sud du pays. Les Hutu furent séparés des Tutsi. Parmi les victimes figurent entre autres son frère Jonathan Mukwikwi.
Jonathan Mukwikwi avait une femme prénommée Gloria, une Hutu aux traits tutsi. Elle a été de ce fait épargnée et est rentrée à Kigali avec sa mère. Elle avait un garçon de 5 ans, prénommé Carnot. Elle ne cessait de pleurer son mari. D’où le FPR se rendit compte que Gloria était une Hutu qui avait vu les tueries de Nyanza. Une délégation du FPR vint l’amadouer : « Nous sommes désolés de ce qui s’est passé ; pour te consoler, le Parti a jugé bon de te chercher un mari, un officier de haut rang ». Gloria refusa la proposition. Sa mère fut contactée pour qu’elle puisse convaincre sa fille mais Gloria resta intraitable. Un beau matin, des militaires de la DMI (Directorate Military Intelligence) vint la prendre. Ils préviennent sa mère : « Ta fille s’en va. Si elle ne revient pas, ce sera pour des raisons d’Etat ». Le petit Carnot fut également embarqué. Ils ne reviendront plus jamais.
Il est important de préciser que si la famille Mwongereza n’a pas fui devant l’avancée du FPR, un des membres de la famille, l’homme d’affaires Silas Majyambere, par le biais de son parti, l’UPR (Union du Peuple Rwandais), avait signé un accord de collaboration avec le FPR à Bruxelles (Belgique) en octobre 1990. Un autre jeune de la famille prénommé Aimable, s’était engagé dans le FPR et était venu dans la région en éclaireur. La famille Mwongereza avait donc toutes les raisons de ne pas s’inquiéter. Mais elle n’a pas compté avec le cynisme du FPR.
Quant à JM, il fut emprisonné à son retour au Rwanda en 1996. Sa femme est restée avec des enfants mais n’a cessé de recevoir des menaces de la DMI. Un soir, les militaires débarquent à la maison. Ils prennent les deux fils de JM. Ce sont des adolescents. Ils sont conduits dans une salle pour apprendre à tirer au pistolet car il faut défendre le pays, leur dit-on. On leur montre la gâchette. Le plus âgé est conduit dans une salle à côté. Les militaires lui disent de tirer. La cible c’est son père. Le garçon tire. Son père tombe. Les militaires font entrer le second enfant. Ils lui mettent le pistolet dans les mains, lui demandent d’appuyer sur la gâchette. Le garçon tire sur son père agonisant et l’achève. Les deux enfants sont reconduits à la maison.
Les menaces devenant insupportables, leur mère décide de s’enfuir avec ses enfants. Elle arrive en Belgique. Ses deux fils font des études universitaires. Mais le traumatisme les rattrape. L’aîné se suicide dans sa chambre. Son frère se donne lui aussi la mort par pendaison, quelques mois après.
©Gaspard Musabyimana, le 14 janvier 2008.
P.S : Si vous avez un témoignage similaire ou si voulez réagir à cet article, envoyer votre message sur notre contact ou par commentaires ou à l'auteur de ce texte =musabyimanag@yahoo.fr
http://www.musabyimana.be/
Posté le 16.01.2008 par perewenceslas
La délation dans les Gacaca
Parodie de justice à Butare :
Juridictions Gacaca et dérapages du Système judiciaire au Rwanda
Un nettoyage lent et progressif des intellectuels HUTU, organisé et exécuté avec la complicité des juridictions GACACA est en cours au Rwanda.
Les citoyens honnêtes observent impuissants des injustices, la panique et la psychose règnent dans le camp des HUTU, tous présumés comme ayant trempé dans le génocide de 1994. Aussi, certains rescapés du génocide qui connaissent bien ce qui s’est passé sont-ils désemparés de voir comment les innocents sont condamnés par les juges des GACACA, qui se basent sur leurs sentiments hostiles envers les HUTU et les faux témoignages orchestrés en avance pour prononcer des verdicts qui sont connus avant même que le procès se tiennent.
Le cas des employés ou ex-employés du Centre hospitalier universitaire de Butare (CHUB), ancien hôpital universitaire de Butare témoigne de la volonté du régime de Kagame Paul de décapiter les Hutu des intellectuels et leaders honnêtes. Nous disons bien honnêtes ici car certains HUTU qui ont des preuves d’avoir participé aux activités liées au génocide sont approchés et intégrés dans le système politique actuel comme paravent et marionnettes à l’unité et réconciliation du peuple rwandais. Les cas couramment cités sont connus de tout le monde.
Au CHUB, on plaisante que les procès d’aujourd’hui représentent le dessert des juges à Butare, au tribunal GACACA de Mamba et de Ngoma. Tous les mercredis sont des jours de GACACA, le travail est suspendu, le peuple est obligé d’assister aux procès et attend stupéfait les martyrs du jour. Martyrs, dit-on car il n’y a que les sentiments de haine qui dirigent le procès. Dès le mois de juillet 2007, le cas de l’hôpital a retenu l’attention de GACACA du tribunal de Butare, dirigé par le président Ndahumba Jean Baptiste.
Les accusés qui comparaissent sont entre autres Dr Nsengiyumva Népo, Dr Habarugira Pascal, Dr Bigirimana Ignace, Dr Bruno Ngirabatware, etc. Beaucoup d’autres médecins ont été accusés, certains sont encore au travail, d’autres sont en exil. Le but est de tout faire pour éliminer le maximum du personnel médical dans le système de santé au Rwanda soit par l’emprisonnement, la terreur menant à l’exil et le renvoi. Le cas de renvoi a surtout visé les médecins de l’Hôpital Roi Fayçal de Kigali il y a quelques années dont Dr Habyarimana Jean Baptiste, Dr Nsengimana Vincent, Dr Barbara, etc.
Le nettoyage du système de santé des cadres HUTU est une action qui démarre après le génocide. Certains rescapés et le régime en place se vengent sur les gens de l’ethnie ayant participé au génocide et sur les autres qui étaient accusés d’avoir lié des amitiés avec les HUTU et que cela les aurait aidé à survivre. Parmi les victimes du CHUB, on cite Dr Gatera Geoffrey (mort en Prison), Dr Kageruka Martin (condamné à mort dans un procès scandaleux), Dr Twagirayezu Emmanuel (libéré après une longue période d’emprisonnement) .
Aujourd’hui, même les personnes haut placées n’hésitent pas à déclarer que « le cas de Butare est connu », on sait que ces médecins ne sont pas coupables de la plupart des actes dont on les accuse, mais ceux qui connaissent la vérité regardent sans pouvoir rien dire ni faire.
I. QUI FAIT QUOI dans cette mascarade de BUTARE (actuellement dénommé HUYE, Province du SUD) ?
Pour le cas du Centre hospitalier de Butare, un groupe de femmes (voir ci – dessous : Rose, Mélanie, Aloysie, Chantal, voir ci-dessous de 1 à 4), toutes rescapées du génocide de 1994, a été recruté surtout dès les années 1996/1997 par la Direction de l’Hôpital de l’Université. Ce sont des individus qui font partie d’un grand groupe qui s’affichent mais tous ceux qui les poussent ne sont pas bien connus à cause des subterfuges qu’ils utilisent. Ce groupe est actuellement composé de célèbres spécialistes du mensonge et qui s’exhibent dans les tribunaux même à Arusha et dont les plus connus sont :
Bulizihiza Rose, agent CHUB
Mukarubibi Mélanie , agent CHUB
Nyirankuliza Aloysie, agent CHUB
Mukarubayiza Chantal , agent CHUB
Kayitenkore Boniface, ex - agent CHUB
Mukamudodo Emertha, agent CHUB
Kamanzi Raphael, ex- agent du CHUB et actuellement travaillant au Centre Psychiatrique de Kabutare
Mukamusonera Devota
En dehors de l’hôpital, ce groupe inclut entre autres
Uwizeyimana Louise
Mukaneza Chantal
Mukagatare Immaculée
Kanayire Laurence
Bien qu’il soit difficile d’identifier beaucoup d’entre eux, ceux qui poussent et encadrent les faux témoins sont notamment:
Dr Nicodème Rukeribuga, Directeur du Centre Hospitalier de Butare
Gafazari Marie, agent du CHUB
Gatera Laurent, Homme d’affaires, Bar IGISAZA, Ville de Butare
Ngoga Martin, Procureur Général de la République
Mukamabano Cécile, veuve du Dr Mbarutso Etienne
Gumuyire Joseph, agent CHUB
Mbishibishi Léonie, juge au tribunal de Gacaca, cellule Mamba, Butare
II. Que ce qui justifie le silence des témoins à décharge ?
A la fin des scènes de chaque mercredi, jour de Gacaca dans la ville de Butare, des comportements bizarres, des murmures et commérages s’observent ou se font entendre de part et d’autres :
Ø Les faux témoins sont en fête
Ø Les juges et complices sont satisfaits
Ø Les accusés dans le désarroi
Ø Ceux qui connaissant la vérité mais qui n’osent dire un mot sont dans la révolte
Ø Les intellectuels hutus dans la panique.
Aux dires de ceux qui détiennent la vraie information sur le génocide et sur le comportement des accusés pendant cette période, les raisons de leur silence sont variées mais voici les plus couramment évoquées :
Pour les rescapés du génocide :
Perte de la qualité de membre du Fonds d’Assistance aux rescapés du génocide (FARG) : Mélanie Mukarubibi aurait déjà subi cette menace lorsqu’elle a essayé de décharger Mme Runuya Jeanne ; Uwitonze Marie, agent du CHUB aurait été menacée à cause de sa lenteur dans l’acceptation de faire de faux témoignages)
Perte de tous les droits liés à la possession de ladite carte : soins médicaux, scolarisation des enfants, logement, moyens de subsistance, …
Stigmatisation de la part de la communauté des rescapés
Menaces physiques de la part de ceux qui organisent des complots liés aux arrestations et aux procès
« Se faire voir pour rien » c'est-à-dire, s’afficher dans le public assistant aux tribunaux Gacaca alors que votre témoignage ou informations ne sera pas considérés
Avoir déjà accepté et consommé l’argent pour faire un faux témoignage et impossibilité de faire la marche en arrière (corruption des témoins à charge)
Perte d’emploi comme celles qui ont été engagées pour charger les employés du CHUB (Rose, Mélanie, Aloysie et Chantal)
Perte de sources de revenus : Gain de corruption, gains des missions à Arusha et dans d’autres pays étrangers comme le Canada, la Belgique, la France, …
Pour les autres :
Inutile de s’afficher pour donner un témoignage qui ne sera pas tenu en considération par les juges
Peur d’être assimilé aux auteurs du génocide
Peur d’être accusé d’opposant aux tribunaux Gacaca
Peur d’être indexé comme celui qui dénie le génocide
Peur de subir l’emprisonnement que subissent souvent ceux qui sont considérés comme « refus d’information » quand vous donnez une information de nature à contredire les témoins privilégiés (faux témoins cités ci –haut)
Perte d’emploi
III. Possibilité Stratégie de protection des témoins à décharger comme Arusha protège ses témoins?
A cause de ces raisons, la question de la protection des témoins à décharge au Rwanda devrait être examinée sérieusement. La plupart de personnes donnent leurs versions des faits mais à la condition de ne pas révéler leur identité à qui que ce soit. Or, ce genre de témoignage n’est pas recevable par le tribunal GACACA. Par exemple, beaucoup de gens peuvent démontrer dans les moindres détails que certains témoins n’ont jamais été dans les endroits comme l’hôpital de Butare où ils accusent les gens (cas de Rose Bulizihiza, cas de Nyirankuliza Aloysie, cas de Mukamudodo Emeritha), d’autres ne connaissaient pas les gens qu’ils accusent et parfois ils ne peuvent pas identifier clairement l’accusé qu’ils sont entrain de charger et d’autres encore reconnaissant qu’ils ont été corrompus pour faire un tel travail, etc.
Un membre de la partie civile et témoins (Uwizeyimana Louise) exhibe une cicatrice comme preuve de blessure pendant le génocide (blessée par le Dr Gatera) alors qu’il y a ceux qui savent que cette blessure date de longtemps après le génocide à la suite d’une bagarre entre cette femme et une prostituée.
Beaucoup de personnes déclarent que l’un ou l’autre des personnes citées ci- haut les aurait approché pour les inviter à faire partie de témoins à charge mais qu’ils auraient refusé car, on leur demandait d’accuser les médecins et d’autres personnes pour des cas de victimes du génocide dont ils connaissaient la vérité des circonstances de leur mort ! Même parmi les faux témoins cités ci- haut, il y en a qui scandent qu’ils vont continuer à charger les innocents pourvu que le tribunal accepte leurs dires et qu’ils y gagnent leur subsistance.
Etant donné que la plupart de ceux qui chuchotent ces informations sont des rescapés du génocide, ils expriment aussi leur déception du fait que beaucoup d’éléments du système judiciaire et Gacaca sont corrompus et qu’il n’y voit personne ayant la volonté de faire appliquer une justice équitable.
Les tribunaux GACACA s’imposent en partie aujourd’hui comme un instrument juridique pour continuer les violences et exactions envers ceux que le régime en place veut exclure.
Un observateur indépendant ayant assisté aux procès GACACA de Butare
Septembre 2007
Ngarambe ka Ngango wa Nturo
http://www.musabyimana.be/
Posté le 23.01.2008 par perewenceslas
VISITE DE BERNARD KOUCHNER A KIGALI
Rwanda
Visite de Bernard Kouchner à Kigali
Le 23/01/2008 - Une première ! Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda sont rompues, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, fera un saut à Kigali, le 25 janvier, dans le cadre d'un voyage qui le conduira en République démocratique du Congo (RDC) et au Burkina Faso.
Le french doctor, qui était au Rwanda après le génocide, a toujours entretenu une relation étroite avec le président Paul Kagamé. En marge du sommet Union européenne/Afrique, Bernard Kouchner a ainsi été à l'origine de la brève rencontre, le 8 décembre à Lisbonne, entre les présidents Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé, premier signe de la normalisation des relations entre les deux pays. A la sortie de cette rencontre, le ministre français des affaires étrangères avait donné une chaleureuse accolade au président rwandais.
Pour cette tournée africaine, Bernard Kouchner sera accompagné de confrères de France 2, du Monde et de Paris Match dont le nouveau slogan est "La vie est une histoire vraie". Bientôt la "vraie histoire" de la France au Rwanda et du Rwanda en France ?
Copyright 2008 - La Lettre du Continent - tous droits réservés
Posté le 23.01.2008 par perewenceslas
L'AFFAIRE PHILPOT
l'affaire Philpot" et le Rwanda
A l'attention du directeur de l'information:
La décision du conseil de presse dans "l'affaire Philpot" et le Rwanda réjouit l'auteur et son éditeur
MONTREAL, le 21 janv. /CNW Telbec/ - Les Editions des Intouchables et
l'écrivain Robin Philpot se réjouissent de la décision du conseil de presse
suite à la plainte de Bernard Desgagné contre la journaliste Julie
Miville-Deschêne et Radio-Canada au sujet de Robin Philpot, auteur de Ca ne
s'est pas passé comme ça à Kigali, publié en 2003 et candidat du Parti
québécois aux élections de mars 2007.
Sans blâmer Mme Miville-Deschêne et Radio-Canada, le conseil de presse
précise : "on constate que, si M. Philpot préfère parler de "catastrophe" ou
de "tragédie" dans son ouvrage plutôt que de "génocide", c'est parce qu'il
doute que les thèses officielles reflètent parfaitement la réalité et non
parce qu'il nie les crimes commis." Et le conseil ajoute plus tard au sujet
des viols en 1994, "le conseil de presse est d'avis que la mise en contexte
était suffisante pour que l'auditeur comprenne que M. Philpot ne niait pas les
crimes personnellement subis par cette victime de viol."
En somme, après une étude approfondie, le conseil de presse reconnaît que M.Philpot ne nie pas le génocide au Rwanda ni les viols mais qu'il cherche à présenter un portrait global de la tragédie
Cela étant, Robin Philpot considère toujours que la journaliste et
Radio-Canada, comme le journal La Presse, ont fait preuve de jaunisme dans
cette affaire pendant la campagne électorale de 2007. Par ailleurs, pour
rétablir les faits et poursuivre la recherche de la vérité, M. Philpot a
publié, en octobre 2007, un second livre sur le sujet intitulé : Rwanda:
crimes, mensonges et étouffement de la vérité (Intouchables, 2007).
L'éditeur et M. Philpot tiennent à féliciter Bernard Desgagné pour avoir
déposé une plainte comportant une excellente documentation.
Renseignements: Relations de presse: Judith Landry, (514) 303-7108,
judith@lesintouchables.com; Source: Editions des Intouchables, (514) 526-0770
source : http/:www.newswire.ca/fr/releases/archive/January2 008/21/c2712.html
Posté le 23.01.2008 par perewenceslas
INTERPOL instrumentalisé par le régime de Kigali ?
(Musabyimana.be 17/01/2008)
Le régime du Général Paul Kagame vient de trouver un autre créneau pour traquer ses opposants qui ne sont pas à la portée de ses griffes. Il a réussi à instrumentaliser l'association internationale de coopération policière Interpol qui vient d’entrer avec force dans les arcanes du problème rwandais.
Cette organisation est connue pour son professionnalisme et son intégrité, ce qui lui donné une grande crédibilité au niveau mondial. Mais selon l’agence Hirondelle du 11 janvier 2008, INTERPOL vient de s’engager « à ne ménager aucun effort pour retrouver et amener devant la justice » les personnes en fuite et accusées d'avoir pris part au génocide rwandais. Cela fait suite à une visite qu’une équipe du secrétariat général de cette organisation a effectuée à Kigali en octobre 2007 et où elle a rencontré les autorités judiciaires rwandaises.
Tout a commencé en 2006 quand Interpol a mis sur son site Internet un lien provenant d’un site du Gouvernement rwandais et reprenant une liste de 93 accusés établis à l'étranger. Avaliser la liste du Gouvernement rwandais revenait à jeter en pâture les noms des personnes qui devraient normalement bénéficier du principe universel de la présomption d’innocence.
Le caractère fantaisiste et criminel des listes établies par le Gouvernement de Kigali n’a été cessé d’être dénoncé par des observateurs avertis. Elles condamnent avant jugement et constituent une arme politique redoutable et un raccourci pour le FPR de se débarrasser facilement de ses opposants politiques ou ceux dont ils soupçonnent de n’être pas d’accord avec sa politique. Elles font beaucoup de dégâts dans les rangs des rwandais, ceux de l’intérieur comme ceux de l’extérieur du pays.
Elles varient au gré des humeurs des dirigeants de Kigali. Ainsi depuis sa prise de pouvoir en juillet 1994, le FPR a publié plus de 5 listes : celle de 1994 comprenait 428 personnes, celle de 1996 en avait jusqu’à 1946 et 2898 personnes figuraient sur la liste publiée en 2001. En 2007, les Services de renseignements extérieurs avaient recensés jusqu’à 40.0000 « génocidaires » se trouvant à l’étranger..
S’agissant de la justice rwandaise, elle ne peut être non plus un interlocuteur valable pour une organisation soucieuse des Droits de l’homme comme INTERPOL. En effet, dans le dernier trimestre de 2007, les deux plus grandes organisations internationales de Défense des Droits de l’Homme que sont Amnesty International et Human Rights Watch, ont émis des communiqués, chacune de son côté, montrant qu’il n’y a pas de justice au Rwanda.
Le statut d’INTERPOL interdit à cette organisation toute activité ou intervention dans des questions ou affaires présentant notamment un caractère politique ou militaire. Or, la problématique rwandaise est politique. Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) a été fondé pour juger tous ceux qui ont trempé dans des crimes horribles qui eu lieu au Rwanda en 1994. Des Hutu ont été appréhendés et jugés. Les enquêteurs du Tribunal, dont l’équipe de M. Hourigan, ont établi que les militaires du FPR se sont rendus coupables de crimes odieux durant la même période. Louise Arbor, alors Procureur du TPIR, a demandé de geler les enquêtes. Sa remplaçante, Carla Del Ponte, a rouvert le dossier. Elle s’est faite taper sur les doigts et a été dessaisie du dossier Rwanda pour ne s’occuper que de celui de la Yougoslavie. Dans un livre qui est sorti l’année passée, son porte-parole, Florence Hartmann, montre comment les grandes puissances anglosaxonnes ont assuré l’impunité au FPR. Les Etats-Unis ont signé pour ce faire un accord de protection mutuelle avec le Gouvernement de Paul Kagame notamment contre les poursuites éventuelles de la Cour Pénale Internationale. Florence Hartmann souligne comment Carla Del Ponte est partie le cœur gros par le fait qu’au TPIR à Arusha, des injonctions des grandes puissances anglosaxonnes ont fait en sorte que la politique prime sur la justice. INTERPOL serait-elle, elle aussi tombée sous la coupe de ces puissances ?
De toutes les façons, si INTERPOL veut préserver sa crédibilité, elle a tout intérêt à ouvrir les yeux et à mettre un bémol sur sa coopération avec la ‘‘justice rwandaise’’.
©Gaspard Musabyimana le 16 janvier 2008.( www.musabyimana.be)
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Kagame n'instrumentalise pas INTERPOL, c'est un instrument lui-même, au service d'intérêts étrangers
Lorsqu'on pose bien un problème, on a des chances de le résoudre. Lorsqu'on pose mal un problème, on a peu de chances de le résoudre. Il en est ainsi du problème de la justice internationale. En particulier du TPIR et d'INTERPOL.
On sait déjà avec certitude que le TPIR est au service d'une politique dictée par les USA et le Royaume-Uni. Ces deux Etats, usant de leur puissance conjuguée au Conseil de sécurité, ont fait du TPIR un instrument au service de leur politique dans la Région des Grands Lacs. Leur politique dans cette région est depuis longtemps d'armer, de financer et de protéger, par tous les moyens, leurs agents. Le régime FPR est un supplétif des USA et du Royaume-Uni dans leur offensive pour le contrôle de l'Afrique, en particulier, l'Afrique francophone. Florence Hartmann, l'ancienne attachée de presse de Carla Del Ponte, a expliqué dans son livre comment les USA, par la voix de Pierre Richard Prosper, notamment, a reçu les instructions des USA, en présence de leurs agents, des représentants du régime Kagame. Elle a refusé. Elle a été virée du TPIR, non pas par Kagame, mais par la coalition USA-UK, au Conseil de sécurité. Ce n'est pas Kagame, qui instrumentalise le TPIR, mais ses maîtres américains et britanniques.
Il en est de même d'INTERPOL. Interpol est dirigé par Jackie SELEB, ex-chef de la police sud-africaine, récemment limogé pour corruption, une police sud-africaine elle-même sous les ordres de Washington et de Londres. Les opérations quotidiennes d'Interpol sont dirigées par son secrétaire général, Ronald K. Noble. Sans surprise, c'est un Américain.
Interpol n'est pas une organisation professionnelle. Interpol est une institution internationale au service des 186 Etats qui composent son assemblée générale. Et parmi ces Etats figurent sans surprise également, les USA, le Royaume-Uni et ...le Rwanda, de Kagame. Ils l'utilisent dans leur agenda. Kagame n'instrumentalise pas Interpol. Il n'en a pas les moyens. Ce sont ses maîtres américains et britanniques qui instrumentalisent Interpol, comme l'ONU et le TPIR, au service de leurs desseins sur l'Afrique en général, et la Région des Grands Lacs en particulier.
C'est ainsi que William Swing s'en va et qu'il est remplacé à la tête de la MONUC, par un Britannique, Alan DOSS. Pour poursuivre la même politique en RDC et dans la région.
Il faut cesser d'être myope.
Kagame est lui-même l'instrument de la politique des USA et du Royaume-Uni en Afrique. C'est ce qui explique, qu'au delà de la Région des Grands Lacs Africains, stricto sensu, ce sont ses soldats qui ont été envoyés au Darfour et qu'un criminel notoire, Karenzi Karake, dont les crimes contre l'humanité sont bien documentés, notamment ceux commis en RDC, y compris par des agences de l'ONU, a été désigné pour seconder le commandant de la force hybride ONU-UA.
Quelle force Kagame a-t-il pour instrumentaliser le Conseil de sécurité, ou le Sécrétariat général de l'ONU? Aucune. Il est l'instrument de puissants membres du Conseil de sécurité, c'est tout. Tant que ses maîtres jugeront qu'il est encore utile, il emploieront leur puissance respective pour l'aider à faire son boulot. En l'occurrence, en échange de ses services, ils l'aident à protéger son régime, sans lequel, il ne pourrait plus exécuter les tâches qu'ils lui assignent.
De même, c'est toujours à cause de cette protection, que la France n'a pas envoyé de demande à Interpol, dont le siège se trouve pourtant en France même, à Lyon, pour qu'Interpol rédige une "RED NOTICE", qui permettrait de demander la coopération des 185 autres polices du monde, pour arrêter les 9 collaborateurs de Kagame visés par les mandats internationaux lancés par le juge Bruguière. La France n'a pas encore utilisé ses ressources à cette fin. Elle a ses raisons. Mais, il n'est pas inutile de dire qu'elle veut probablement éviter une confrontation avec les USA et le R-U qui pourraient s'y opposer, s'ils ne l'ont pas encore décidé alors que la France sait qu'ils sont malgré tout ses alliés en d'autres multiples circonstances. Elle ne pourrait le faire que si, probablement, les USA et le R-U avaient d'abord donné leur aval à l'opération, s'ils avaient laissé tomber leur actuel agent, Paul Kagame. Ce n'est pas encore le cas.
Non, Kagame n'instrumentalise pas INTERPOL. Pour employer ses propres mots, "he's nothing", il n'est rien sans ses maîtres américains et britanniques. Il le prouve, par ses incessants voyages aux USA et au R-U, pour divers prétextes, pour renouveler sa loyauté et montrer son assiduité, auprès de ses maîtres. Il est temps de voir les choses en face.
PS:
Qui est Ronald K. Noble?
Pour ceux qui lisent l'Anglais, voici sa biographie officielle:
Ronald K. Noble was elected Secretary General by the 69th INTERPOL General Assembly in Rhodes, Greece, in 2000, and was unanimously reelected to a second five-year term by the 74th INTERPOL General Assembly in Berlin, Germany, in 2005. He is also a tenured Professor of Law at New York University School of Law, on leave of absence while serving as INTERPOL’s Secretary General.
Mr Noble previously served as the United States Department of Treasury’s first Undersecretary for Enforcement (1993-1996), where he was in charge of some of the US’s then-largest law enforcement agencies, including the Secret Service, Customs Service, Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms, Federal Law Enforcement Training Center, Financial Crimes Enforcement Network, and Office of Foreign Assets Control. Prior to that, he served as an Assistant US Attorney and Deputy Assistant Attorney General in the US Department of Justice (1984-1989).
A former member of INTERPOL’s Executive Committee, Mr Noble was also President of the 26-nation Financial Action Task Force, the anti-money laundering organization established by the G7 in 1989. Mr Noble served as a Law C lerk for Judge A. Leon Higginbotham, Jr., of the US Court of Appeals for the Third Circuit, from 1982-1984, where he received the highest evaluation ever given to a Law Clerk by Judge Higginbotham.
Qu'est qu'une "Red Notice"?
An Interpol Red Notice is not an international arrest warrant.
These Interpol 'Red Notices' represent only a tiny fraction of the number of red notices issued by Interpol.
The persons concerned are wanted by national jurisdictions (or the International Criminal Tribunals, where appropriate) and Interpol's role is to assist the national police forces in identifying or locating those persons with a view to their arrest and extradition.
These red notices allow the warrant to be circulated worldwide with the request that the wanted person be arrested with a view to extradition.
A distinction is drawn between two types of red notice: the first type is based on an arrest warrant and is issued for a person wanted for prosecution; the second type is based on a court decision for a person wanted to serve a sentence.
(par Jean Baptiste Mberabahizi, jbmbera@yahoo.fr)
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Posté le 23.01.2008 par perewenceslas
Le Rwanda refuse un visa à un journaliste
Le Rwanda a refusé un visa à un journaliste de la chaîne de télévision flamande VRT, Peter Verlinden, traditionnellement critique envers le régime du président Paul Kagame, qui devait accompagner le ministre belge de la Coopération au développement, a-t-on appris dimanche de sources concordantes. Malgré de longues tractations diplomatiques, Peter Verlinden a dû quitter à l'escale de Goma (est de la République démocratique du Congo) la délégation de Charles Michel qui s'est envolée en fin d'après-midi en direction de Kigali. Son équipe technique, composée d'un cameraman et d'un preneur de son, a en revanche été admise au Rwanda. Peter Verlinden n'a pas hésité à imputer à M. Kagame lui-même le refus de l'obtention d'un visa d'entrée, dans une déclaration à l'agence BELGA. Ce refus lui avait été signifié la semaine dernière par l'ambassade du Rwanda à Bruxelles - comme cela s'est déjà passé à deux reprises dans le passé. Mais cette fois, les autorités rwandaises l'ont maintenu, malgré de nombreux contacts entre les deux gouvernements, y compris à haut niveau, jusque dimanche après-midi. (TAS)
© Agence BELGA 20/01/2008 à 18:56