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perewenceslas
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Le Père Wenceslas, prêtre coopérateur de Gisors (Eure) est l'ancien curé de Kigali au Rwanda.
Catégorie :
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Date de création :
17.09.2007
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19.07.2008
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18 LE PROFESSEUR RUNYINYA BARABWILIZA EN PRISON

18 LE PROFESSEUR RUNYINYA BARABWILIZA EN PRISON

Posté le 26.04.2008 par perewenceslas
justice: Le Professeur Runyinya Barabwiliza en prison pendant 14ans sans dossier.

Écrit le: 21, Février, 2008 - 22:02:18 (-0500 GMT)

Article par: Viyani

Le Professeur Runyinya Barabwiliza
Le Professeur BARABWILIZA RUNYINYA est emprisonné au Rwanda depuis 14 ans sans dossier !

Rwanda : Monsieur BARABWILIZA RUNYINYA est emprisonné comme un ancien opposant politique et non pas pour des crimes qu?il aurait commis.


Le Centre de Lutte contre l?Impunité et l?Injustice au Rwanda (CLIIR) demande au président rwandais, le général Paul KAGAME, d?autoriser la libération sans conditions du plus célèbre prisonnier politique détenu pendant plus de 13 ans dans les prisons rwandaises. Il s?agit de Monsieur BARABWILIZA RUNYINYA, un ancien professeur de l?Université Nationale du Rwanda (UNR) et ancien conseiller chargé des Affaires Etrangères du président Juvénal HABYARIMANA. Cet homme ne peut être accusé de quoi que ce soit parce qu?il n?était pas au Rwanda pendant le génocide. En plus, en date du 19 mai 1994, il a condamné tous les crimes de génocide dès qu?il a appris que plusieurs milliers de rwandais innocents avaient été massacrés aveuglement par les deux blocs de belligérants.

Du 6 avril au 5 juillet 1994, cet intellectuel et opposant politique au Front Patriotique Rwandais (FPR) est resté bloqué à Dar-es-salaam en Tanzanie en tant que membre de la délégation présidentielle qui avait préparé le sommet des chefs d?Etats à Dar-es-salaam. S?il a survécu à l?attentat terroriste du 6 avril 1994 qui a déclenché le génocide rwandais, c?est qu?il n?a pas fait son voyage de retour dans l?avion présidentiel qui a été abattu par un missile dès son arrivée à Kigali.

Pendant que M. BARABWILIZA RUNYINYA était bloqué à Dar-es-salaam, il ne s?est pas croisé les bras pendant les massacres d?avril à juillet 1994. Il s?est joint à d?autres intellectuels Hutus et Tutsis qui étaient bloqués comme lui à Dar-es-salaam pour dénoncer et condamner les massacres qui décimaient de nombreux rwandais pendant cette période. C?est dans ce cadre qu?il a signé le document intitulé : « Contribution à une ébauche de solution de la crise rwandaise ». Les autres co-signataires de ce documents sont : Messieurs Sylvestre UWIBAJIJE, Justin MUNYEMANA, Simon INSONERE et Jean MBANDA. Ils ont condamné les massacres dans ces termes : « Aussi voudrions-nous condamner avec la dernière énergie les massacres ignobles qui ont terni l?image de marque du Rwanda et qui ont endeuillé plusieurs familles dans le pays ». Nous reviendrons sur ce document qui sera annexé à notre communiqué.

Qui est BARABWIRIZA RUNYINYA ?

Le 24 juin 1947 : naissance de Barabwiliza Runyinya en préfecture de Gikongoro (sud du Rwanda). Après ses Humanités au Collège Christ-Roi de Nyanza (Butare), il a fait ses études supérieures à l?Université Nationale du Rwanda, à Butare, puis à l?Université Catholique de Louvain, en Belgique (1972-1974) et enfin à l?Université de Gembloux, Faculté d?Agronomie où il a obtenu un Doctorat en Aménagement du Territoire (1981-1985).

De retour dans son pays en 1985, il a été professeur à l'Université Nationale du Rwanda, dans la Faculté d'Agronomie, puis Doyen de cette même Faculté. Avec l'avènement du multipartisme, en 1991, il a été membre du parti MRNDD (Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le Développement). Il a été nommé président du parti MRNDD dans la préfecture de Butare en juin 1993.

Depuis 1992, il était Conseiller à la Présidence, chargé des Affaires Etrangères (tout en maintenant son travail à l?Université en tant que professeur-visiteur). C'est en cette qualité qu'il s'était rendu à Dar-Es-Salaam, en Tanzanie, le 4 avril 1994, pour les négociations avec le FPR. Il n'a pu revenir au Rwanda que le 5 juillet 1994, à la recherche de sa famille qui était éparpillée au Rwanda. Il s'est installé à Cyangugu (dans la Zone Turquoise, une zone humanitaire créée par l?armée française) avec son épouse et sa fille cadette qu?il avait retrouvées à Gikongoro. Ce qui fait qu?il n?était pas dans le pays lors des tueries et du génocide.

Voici le déroulement de son arrestation et de sa détention préventive depuis plus de 13 ans :

Le 8 septembre 1994, Monsieur BARABWILIZA RUNYINYA a été arrêté arbitrairement par le général Karenzi KARAKE (il était colonel à cette époque) dès qu?il a mis les pieds à Kigali sous escorte de la MINUAR II (Mission des Nations Unies au Rwanda). Son dossier (numéro RMP 49139/S7) n?a jamais fait l?objet d?une moindre instruction judiciaire jusqu?à présent. En effet, toutes les autorités judicaires, interrogées à propos de ce dossier, ignorent pourquoi il est emprisonné depuis plus de 13 ans sans comparution devant un juge qui aurait dû normalement lui signifier le contenu de son acte d?accusation.
.
Dès que la situation dans le pays s?est un peu calmée, Monsieur BARABWILIZA Runyinya a demandé au nouveau gouvernement l'autorisation de revenir sur Kigali afin de contribuer à la reconstruction du pays. Il ne se reprochait rien et ne pensait pas subir de quelconques représailles liées au génocide qui venait de se commettre. En outre, lorsqu?il était à Dar-Es-Salaam, il avait rédigé et signé, avec d?autres membres de la délégation gouvernementale (Sylvestre UWIBAJIJE (parti PSD), Justin MUNYEMANA (parti MRNDD), Simon INSONERE (parti MDR) et Jean MBANDA (un tutsi membre du Parti Social Démocrate) un Mémorandum[i] dénonçant et condamnant les massacres. Ce mémorandum, qui avait été envoyé à tous les partis politiques, y compris le FPR, avait été apprécié par tous. Pendant qu?il était bloqué à Dar-es-salaam, il a été limogé de son poste de Conseiller à la Présidence.

L'autorisation de revenir à Kigali lui fût accordée par le gouvernement rwandais, représenté par le Ministre de l?Intérieur de l?époque, Monsieur Seth SENDASHONGA. Ce dernier, qui lui envoya une lettre datée du 25 août 1994, lui avait même fourni une escorte des soldats de la MINUAR II pour assurer son transport et sa sécurité de la zone Turquoise jusqu?à Kigali.

Le 6 septembre 1994, Monsieur Barabwiliza RUNYINYA, accompagné de soldats de la MINUAR basés à Cyangugu (dont le chef était le Major Kone BOULAYE), pris la route pour Kigali. Lorsqu?il arriva à Butare, il fût intercepté et appréhendé par des soldats du FPR dirigés par le Lieutenant KAREMERA. Celui-ci a voulu l?arrêter prétendant qu?il (RUNYINYA) aurait dirigé des attaques de miliciens dans la préfecture de Butare d?avril à juin 1994! Les soldats de la MINUAR ont exigé un mandat d?arrêt car il était sous leur protection. Mais comme il n?y en avait pas, ils l?ont escorté jusqu?à leur Quartier Général à Kigali.

Le 8 septembre 1994, le Colonel Karenzi KARAKE (Agent de liaison Gouvernement/MINUAR) est venu emmener Monsieur Barabwiliza RUNYINYA en assurant à la MINUAR que c?est le Ministre de l?intérieur, Seth SENDASHONGA, qui avait demandé à le voir. Puisque c?était ce ministre qui l?avait invité à regagner Kigali, RUNYINYA n?a pas pressenti le piège. Il accepta de suivre le colonel Karenzi KARAKE, qui avait menti pour le soustraire à la protection de la MINUAR. A partir de cet instant, RUNYINYA ne verra jamais le Ministre Seth Sendashonga (qui démissionnera le 28/08/1995 avant d?être assassiné le 16/05/1998 à Naïrobi au Kenya). Monsieur Barabwiliza RUNYINYA a été aussitôt arrêté et conduit directement au cachot de la Brigade judiciaire de Remera située au nord-est de la capitale rwandaise Kigali. Là-bas, le Capitaine Joseph NZABAMWITA (Commandant adjoint de la Directorate of Military Intelligence (DMI[ii]) l?a incarcéré sans autre explication.

Le 5 octobre 1994, RUNYINYA a été transféré à la prison de très haute sécurité à Rilima (Kigali Rural) où il a été torturé avec d?autres anciens dignitaires du régime de Habyarimana.

Le 21 août 1997, on l'a transféré à la prison de Karubanda à Butare (dans la préfecture qu?il habitait en 1994). C?est dans cette prison qu?il est incarcéré depuis ce jour et sans aucun jugement. Ce qui est encore plus grave, c'est qu'il n'y a même pas de dossier connu à sa charge. RUNYINYA a écrit plusieurs lettres aux autorités judiciaires rwandaises demandant à ce qu'il passe devant un tribunal même le Gacaca mais en vain. Voici quelques exemples[iii]:

· 21 février 2000: Lettre au Procureur de la République, Parquet de Butare

· 10 avril 2000: Lettre au Ministre de la Justice avec copie au Procureur Général de la Cour Suprême

· 18 septembre 2000: Lettre au nouveau Procureur de la République, Parquet de Butare

· 2 novembre 2000: Lettre au Procureur de la République, Parquet de Butare

· 3 octobre 2001: Lettre au Procureur Général de la Cour Suprême

· 12 mai 2002: Lettre au Procureur Général de la Cour d?Appel.


Une seule lettre du Procureur Général Gérard GAHIMA au Procureur de la République du Parquet de Butare du 3 juillet 2000 témoigne que les lettres de RUNYINYA ont eu l?attention d?au moins un destinataire !

Il faut souligner que son épouse, Winifrida GASHARANKWANZI, a été appréhendée en septembre 1994 également et a été incarcérée à Cyangugu, puis à Kigali (détention secrète dans un container à Kacyiru) où elle est décédée dans des conditions inhumaines en décembre 1994. Ses enfants n?ont appris le décès de leur mère qu?en Avril 1995 par le biais de Monsieur Boniface RUCAGU (actuellement gouverneur de la province du Nord au Rwanda). Ce n?est que quelques années plus tard que les enfants de RUNYINYA ont eu la version détaillée de la mort de leur mère par un témoin oculaire Monsieur Gad GATORANO (aujourd?hui Réfugié Politique à Genève, Suisse). Les deux témoins avaient été emprisonnés avec l?épouse de RUNYINYA. Monsieur GATORANO n?a pu sortir de la prison qu?en 1995 (après que sa femme soit décédée également) grâce à l?intervention du Président Ougandais Yoweri Kaguta MUSEVENI, approché lui-même par Monsieur Silas MAJYAMBERE (commerçant influent au sein du FPR) dont la soeur, Marie, était l?épouse défunte de Monsieur Gad GATORANO.


Les enfants de RUNYINYA, orphelins de mère, ont essayé de mener quelques actions afin d?obtenir la libération de leur père. La cadette de la famille s?est rendue au Rwanda en octobre 2004 et a rencontré le Procureur Général Jean De Dieu MUCYO qui était auparavant Procureur de la République à Butare. Ce dernier lui a dit qu?il allait d?abord chercher le dossier de RUNYINYA car il ne savait pas où il se trouvait! Mais il a aussi insinué que même avec le dossier, rien ne sera fait! Elle a aussi rencontré l?ancienne Ministre de la Justice, Madame Edda MUKABAGWIZA. Mais faute d?arguments valables sur la motivation de la détention de RUNYINYA, la ministre lui a dit que c?était un cas très complexe et qu?elle était trop jeune pour comprendre puisqu?elle avait à peine 15 ans en 1994.


En Belgique, les enfants de RUNYINYA ont contacté Amnesty International depuis 1998. Dans un premier temps, AMNESTY leu a répondu que le cas du Rwanda était trop compliqué pour eux. Quand AMNESTY a été contacté de nouveau en 2007, cette organisation leur a répondu par courrier (lettre du 25 mai 2007) que ?Amnesty International ne peut actuellement leur apporter aucun soutien étant donné que le cas dont ils font part sort du cadre de sa mission?. Pourtant, dans la même lettre, il est dit que ?la mission d?Amnesty consiste à entreprendre des recherches et à mettre en place une action dans le but de s?opposer et de mettre un terme aux violations graves du droit à l?intégrité physique et mentale, du droit de la liberté d?opinion et d?expression, et du droit de toute personne à vivre libre de toute discrimination?! Les enfants ne comprennent donc pas comment le cas de RUNYINYA n?entre pas dans le cadre d?action d?AMNESTY.

En juin 2007, les enfants de RUNYINYA ont rencontré M. André FLAHAUT, Ministre de la Défense belge, qui a contacté son homologue rwandais, le Général Marcel GATSINZI. Ce dernier lui a répondu que ce cas dépendait uniquement du Procureur de la République et que personne n?y pouvait rien.

Voilà donc où en est la situation tragique de Monsieur Barabwiliza RUNYINYA que notre Centre qualifie de « prisonnier politique » au vrai sens du terme.

RECOMMANDATION : Le Centre de Lutte contre l?Impunité et l?Injustice au Rwanda demande la libération immédiate de Monsieur BARABWILIZA RUNYINYA. Le Centre recommande également la libération des autres prisonniers politiques que le régime FPR maintient en prison sous la fausse accusation de participation au génocide rwandais de 1994.

Source:Iwacu1.com




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