Kigali saisit l’UA à propos des accusations espagnoles contre des officiers rwandais
APA - Kigali (Rwanda) Le gouvernement de Kigali a décidé de saisir l’Union africaine (UA) au sujet de l’affaire des 40 officiers rwandais accusés par un juge espagnol de ‘’génocide, de crimes contre l’humanité et de terrorisme’’, a appris APA lundi de source officielle.
“Nous avons porté notre dossier devant les ministres de le Justice de l’UA, à cause de cette arrogance et des abus qui caractérisent certains puissances occidentales qui sont de mèche avec des gens qui nient le génocide. Les ministres ont pris une décision”, a déclaré lundi à Kigali, le ministre rwandais de la Justice, par ailleurs Procureur général, Tharcisse Karugamara.
Il s’était rendu récemment rendu à Addis-Abeba, siège de l’UA, pour fournir des explications sur ce dossier devant ses collèges africains en conclave dans la capitale éthiopienne.
A travers sa visite, Karugamara avait également cherché à rallier à sa cause les dirigeants africains, dans ce qu’il considère comme ‘’une agression extérieure néocoloniale contre des pays africains’’.
En début d’année, le Juge Fernando Andreu de Tribunal National d’Espagne avait accusé 40 officiers rwandais de ‘’génocide, de crimes contre l’humanité et de terrorisme’’. Le Président Paul Kagame a également été mis en cause, mais ne peut être poursuivi à cause de son immunité présidentielle.
Plusieurs responsables rwandais, dont le Président Kagame et certains dirigeants de l’opposition ont vivement condamné les accusations du juge espagnol qu’ils considèrent comme un ‘’canular sans base juridique’’.
Cette action espagnole, basée sur ‘’la juridiction universelle’’ dont se prévalent certains juges occidentaux, fait suite à une action similaire initiée en 2006 par le juge français, Jean Louis Bruguière.
Dans une déclaration faite à l’issue de leur rencontre qui a eu lieu au cours du week-end à Addis-Abeba, les ministres africains de la Justice et des Procureurs généraux ont fustigé ces accusations et celles servies à d’autres dirigeants africains, soulignant qu’il s’agit là ‘’d’atteinte à la souveraineté des Etats’’.
"Les violations qui sont faites sur le principe de la juridiction universelle par certains Etats non africains, est un affront à la souveraineté des Etats », souligne le projet de déclaration signé par les ministres africains de la justice.
En conséquence, ils ont demandé à la Commission de l’UA d’étudier le dossier et de leur faire des recommandations qui seront examinées lors de la prochaine session.
SN/daj/fss/of/ APA
21-04-2008
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TPIR/RWANDA - L’ETAT DE DROIT SE TRANSFERE-T-IL COMME DES ACCUSES ? (GUICHAOUA)
Arusha, 21 avril 2008 (FH) - « L’équité et le respect des droits civils et politiques, les saines pratiques ne se décrètent pas, ne se négocient pas, ni ne se transfèrent » écrit André Guichaoua, témoin-expert au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), dans une critique sévère de la justice rwandaise.
Dans ce texte paru fin janvier dans la presse française, le sociologue français, spécialiste du Rwanda, pourtant collaborateur habituel du bureau du procureur, énonce ses réserves sur les requêtes de transfert d’accusés déposées auprès de plusieurs chambres par le procureur. Le premier débat portant sur le transfert de Yussuf Munyakazi, un ex-homme d’affaires, aura lieu jeudi au TPIR.
« En revendiquant le transfert au Rwanda des archives du tribunal et des accusés encore non jugés ou non arrêtés (…) les actuelles autorités rwandaises entendent s’approprier le travail et la légitimité du TPIR alors qu’elles figuraient elles même parmi les cibles de la politique pénale de poursuite» écrit Guichaoua évoquant l’absence de toute poursuite à l’égard du FPR.
« Jusqu’où le TPIR peut il accepter de se soumettre à l’obligation de réalisme politique que l’actuel régime rwandais impose à tous les interlocuteurs internationaux au nom de leur défection devant les massacres et le génocide de 1994 ? » poursuit il.
Une telle attitude équivaudrait, selon lui, «aux mêmes erreurs du passé lorsque de tels satisfecits officiels étaient accordés aux régimes précédents ».
« Construite dans la durée au travers d’expériences et d’épreuves qui la conforte, la confiance dans le système judiciaire rwandais doit en premier lieu être reconnue et partagée par la population rwandaise et ‘’l’opinion publique’’ internationale. Ce qui n’est manifestement pas le cas » conclut-il.
PB/AT
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