UN PROCUREUR PARTIAL AU TPIR ?
De source bien informée en provenance du siège du TPIR à Arusha / Tanzanie, nous apprenons que le procureur Gambien Jallow qui a remplacé Madame Carla del Ponte était bel bien mandaté non pas par l´ONU mais plutôt par le sanguinaire dictateur Kagame via son lobby qui l´utilise comme policier et/ou mercenaire pour veiller aux intérêts de celui-ci dans la région des grands lacs ricains.
La justice internationale n'est qu'un aspect de la politique internationale. Tout comme la justice nationale n'est qu'un aspect de la politique nationale. La première est au service de la deuxième et non l'inverse. La séparation des pouvoirs, leur indépendance et leur coopération participent d'une même réalité, celle de l'Etat. Or, il n'y pas d'Etat pour tous les citoyens. L'Etat est toujours au service d'un groupe social, qui dans le meilleur des cas, peut être une classe sociale. Or, au niveau international, il n'y a pas d'Etat international. Il y a plusieurs Etats dont les buts divergent et même s'affrontent, parfois de façon antagonique.
Le rapport de forces entre Etats est donc au centre de la décision. Ce sont les Etats les plus forts qui déterminent les décisions internationales. Pour notre malheur, depuis l'effondrement de l'URSS, les USA sont seuls aux commandes. Au Conseil de Sécurité des Nations-Unis et à l'OTAN, ils sont presque seuls à décider. Parfois, ils se passent de l'approbation des autres Etats.
Aux Nations-Unis, c'est le Conseil de Sécurité qui décide. Et le CS, ce sont les cinq permanents, disposant d'un droit de veto, qui déterminent les décisions. Les cinq ne sont pas toujours d'accord. Chacun de ces Etats peut avoir un intérêt vital. A titre d'illustration, la Chine a contrarié l'agenda des USA, du R-U et de la France au sujet du Darfour. La Russie a arbitré. La Russie contrarie l'agenda des USA et du R-U sur le Kosovo et l'Iran (nucléaire). La Chine et la France arbitrent. La Chine contrarie l'agenda des USA et du R-U sur la Birmanie. La Russie et la France arbitrent. On peut multiplier les exemples ainsi.
Pour le Rwanda, depuis, 1990, les USA et le R-U, avaient leur agenda. La France a tout fait pour s'y opposer. La Russie et la Chine arbitrent et laissent faire souvent. Ils n'ont pas d'intérêts à défendre au Rwanda. Ce n'est pas le cas de la Chine en RDC.
Pour le TPIR, les USA et le R-U avaient leur agenda. La France pour s'y opposer n'aurait rien fait d'autre que d'utiliser son veto. En l'occurrence, elle ne l'a pas employé. Elle avait ses raisons. Dans cette affaire, la Chine et la Russie n'avait aucun intérêt en jeu. Elles ont donc laissé faire. C'est encore comme cela que ça se passe, jusqu'à aujourd'hui. Pour l'affaire de H.B. Jallow, il faut savoir ceci:
H.B. Jallow a été engagé pour faire ce que Carla Del Ponte a refusé de faire. Il est dès le départ sous les ordres des Etats-Unis et du Royaume-Uni.
H.B. Jallow a le profil du job. Il vient d'un petit Etat africain, la Gambie, sans aucune influence. La Gambie est une néo-colonie britannique. Elle est elle-même aux ordres des USA et du Royaume-Uni. Que peut bien faire un diplomate, issu d'un tel Etat ?
H.B. Jallow, comme son nom l'indique, est Peul. A ce titre, il se sent solidaire des ...Tutsis, pas des Hutu. Tous ceux qui ont vécu en Afrique de l'Ouest savent... d'expérience que les Peuls et les Toucouleurs, se sentent solidaires des Tutsis, en général.
H.B. Jallow, à sa nomination, était déjà sous l'influence de Jean Mutsinzi, ancien Président de la Cour Suprême du Rwanda (aujourd'hui juge à la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples), qui l'a recommandé à Paul Kagame et avec qui il a tissé des liens personnels très forts, lorsque Jean Mutsinzi était secrétaire général de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples à Banjul, en tant que diplomate zaïrois, s'il vous plaît! Il n'a quitté son poste de Banjul de 1989 à 1994, en réalité, qu'à la veille de sa nomination comme Président de la Cour Suprême du ...Rwanda !
H.B. Jallow n'est effectivement pas corrompu. C'est pire. Il est complice du déni de justice organisé par Pierre Richard Prosper, l'ancien ambassadeur extraordinaire américain pour les crimes de guerre et ancien adjoint au Procureur du TPIR, qui fut longtemps en poste à Kigali.
Dans cette affaire, les USA, le Royaume-Uni, le Canada et la Belgique, dans un admirable partage des rôles, sont en guerre contre la France, par FPR interposé. Ils font et feront tout pour protéger leurs agents, tant qu'ils en auront besoin. C'est tout. Tant qu'ils n'auront pas changé de politique, ils le protègeront.
Les USA et le Royaume-Uni ont employé leur agent, l'Etat-FPR, ailleurs qu'au Rwanda, en RDC depuis 1996 et au Darfour, au Soudan, aujourd'hui. Ils ne sont pas les seuls. En janvier, la Belgique parlait d'incorporer un peloton de l'APR, RDF, dans sa force en mission au Kosovo. Aujourd'hui, c'est peut-être déjà chose faite.
Source : Africatime.com