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perewenceslas
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Le Père Wenceslas, prêtre coopérateur de Gisors (Eure) est l'ancien curé de Kigali au Rwanda.
Catégorie :
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Date de création :
17.09.2007
Dernière mise à jour :
19.07.2008
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19 MEMORUNDUM POUR TOUTE DEMANDE D'EXTRADITION

19 MEMORUNDUM POUR TOUTE DEMANDE D'EXTRADITION

Posté le 17.10.2007 par perewenceslas
CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE
ET L’INJUSTICE AU RWANDA (CLIIR)
Boulevard Léopold II, n°227 Bruxelles, le 24 septembre 2007
1080 BRUXELLES
Tél/Fax : 32.81.60.11.13
GSM: 32.476.70.15.69
Mail : cliir2004@yahoo.fr


Mémorandum sur toute demande d’extradition commanditée par le Rwanda « via » le Tribunal Pénal International pour le Rwanda

Introduction :

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* demande à tous les pays, qui détiennent des détenus rwandais recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ou par le gouvernement rwandais, de rejeter systématiquement toute demande d’extradition de ces détenus vers le TPIR et vers le Rwanda. En effet, ce tribunal subit le chantage permanent du gouvernement rwandais qui manipule et corrompt certains enquêteurs et magistrats de ce tribunal. Comme ce tribunal fermera ses portes fin 2008, toute demande d’extradition des détenus Hutu cache la volonté de ce tribunal de les livrer au gouvernement rwandais. Or les membres de ce gouvernement n’ont aucun pouvoir de faire respecter les lois en vigueur et de protéger les personnes et leurs biens.
Les Institutions officielles de l’Etat Rwandais à savoir le Gouvernement, le Parlement, le Sénat et la Magistrature sont devenus des institutions de façade complètement contrôlées et paralysées par le « pouvoir occulte » détenu par la Junte Militaire du Général Paul KAGAME et le noyau dur des extrémistes tutsi.
Les détenteurs de ce pouvoir occulte ou « gouvernement parallèle » n’ont aucune volonté politique de mettre en place une justice équitable et sereine pour toutes les victimes rwandaises. Ils ont d’abord neutralisé et opéré l’épuration ethnique et politique de l’appareil judiciaire en assassinant et en emprisonnant de nombreux magistrats honnêtes et courageux depuis septembre 1994.
Ensuite, ils ont encouragé et organisé des emprisonnements arbitraires massifs pour « stocker des détenus » qui constituent une sorte de réserve d’esclaves permanents (qu’on peut louer). Le taux élevé des décès de détenus torturés, mal nourris et mal soignés, constitue également une autre forme de génocide.
En effet, des milliers de détenus sont morts ou portés disparus dans les prisons mouroirs du Rwanda. Leurs femmes et enfants meurent ou dépérissent par la maladie et la faim parce que les chefs de familles, pourvoyeurs de moyens de subsistance, croupissent en prison depuis 13 ans.

De nombreux rapports des organisations internationales des droits humains, tels qu’Amnesy International (AI)
Human Rights Watch (HRW), l
a Fédération Internationale des Droits de Homme (FIDH)
confirment que de nombreuse personnes innocentes sont victimes d’exécutions extrajudiciaires et d’arrestations arbitraires
(Voir le Rapport 2007 de HRW).
Plus nombreux sont encore les prévenus innocents qui croupissent dans les prisons mouroirs rwandaises sans dossiers judiciaires et sans jugements. Des milliers de détenus, dont plusieurs intellectuels Hutu (magistrats, enseignants, cadres administratifs et politiques, religieux, hommes d’affaires, leaders d’opinion, etc.) sont morts en prison (tuées par la torture, les mauvaises conditions de vie, la faim, la maladie et la dépression) sans avoir été soignés ou jugés pendant 13 ans.

Les tribunaux Gacaca : une nouvelle arme de destruction massive?

Puisque le TPIR fermera ses portes fin 2008, tout détenu qui sera extradé vers le TPIR risque d’être transféré au Rwanda où les arrestations aveugles et massives par les tribunaux discriminatoires GACACA ont provoqué la fuite de plus de 100.000 personnes vers les quatre pays voisins du Rwanda et le Kenya depuis leur lancement dans tout le pays le 10 mars 2005.
Dans les procès GACACA, les témoins à décharge sont intimidés, terrorisés, sanctionnés et souvent condamnés à des peines de prison (variant entre 3 et 12 mois) lorsqu’ils insistent pour dire la vérité et RIEN que la VERITE.
La vérité qui contrarie les juges Gacaca placés et manipulés par le « pouvoir occulte » des chefs militaires et politiques du Front Patriotique Rwandais (FPR).
La vérité qui fait peur aux juges GACACA choisis par la DMI Directorate of Military Intelligence pour remplacer «les vrais juges Gacaca» qui avaient été démocratiquement élus par la population (au début du processus Gacaca en 2002) mais qui ont été « disqualifiés » parce qu’ils sont Hutu par le régime FPR. Dans son interview à la BBC du 15 juillet 2006, Madame Domitila MUKANTAGANZWA, Secrétaire Exécutif du Service National des Juridictions Gacaca (SNJG), a reconnu que son Service a remplacé plus de 45.000 juges élus initialement par la population (soit environ 25% des 200.000 juges Gacaca). Ces juges, élus comme des personnes intègres par la population ont été ajoutés sur des nouvelles listes des présumés génocidaires établis par les agents de la DMI infiltrés au sein du SNJG).

Les « nouveaux juges Gacaca choisis et manipulés par la DMI ou les agents DMI infiltrés dans le SNJG » bloquent tout débat contradictoire durant les procès. Par leur mépris et leur arrogance, ils terrorisent les témoins à décharge et encouragent les mensonges et les complots orchestrés par les témoins à charge manipulés ou achetés pour donner de faux témoignages.
Selon les prévisions du SNJG, les tribunaux Gacaca, qui prévoient l’emprisonnement d’environ 761.000 nouveaux suspects tous Hutu, sont les tribunaux discriminatoires car ils ne jugent que les seules suspects Hutu. L’impunité est assurée aux chefs militaires et politiques ainsi qu’aux militaires et civils tutsi qui ont massacré des centaines de milliers de civils Hutu.

Les dernières condamnations massives par les GACACA ont frappé les derniers médecins Hutu qui venaient de travailler durant 13 ans sans que personne ne les accuse. Fin août 2007, ils ont été condamnés arbitrairement, certains avec leurs femmes, à de lourdes peines oscillant entre 20 et 30 ans. En novembre 2006 ce fut deux anciens professeurs de l’Université Nationale du Rwanda (UNR) qui furent condamnés arbitrairement à 30 ans tandis que leurs épouses ont écopé de 25 ans chacune. D’autres professeurs et intellectuels Hutu qui travaillaient à Butare (dans le sud du Rwanda) croupissent en prison depuis la prise du pouvoir par le FPR sans dossier et sans procès.
Nous pouvons citer parmi ces détenus de longue durée les professeurs Runyinya Barabwiriza et Bernard Mutwewingabo. Les infirmières Hutu ont été également détenues comme Sœur Théopista MUKARUBIBI, de la congrégation des Benebikira, condamnée arbitrairement à 30 ans de prison le 8 novembre 2006 par le tribunal Gacaca de Butare (Pour d’autres cas, Voir notre Mémorandum adressé le 31 octobre 2006 à l’Union Européenne sur les tribunaux Gacaca).


1) Le cas de deux suspects résidant en France :

Résidant en France à partir de 1995, l’Abbé Wenceslas MUNYESHYAKA et l’ancien préfet Laurent BUCYIBARUTA, deux suspects Hutu du génocide rwandais, étaient visés par des plaintes déposées en France depuis 12 et 7 ans.
La procédure judiciaire suivait son cours normalement comme d’autres dossiers qui traînent devant la justice française. Faisant parallèlement l'objet d'enquêtes par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) implanté à Arusha en Tanzanie, les dossiers visant ces deux présumés suspects devaient être envoyés, par le TPIR, à la justice française à Paris et servir d'éléments de preuve dans la procédure en France. La France avait accepté le transfert de ces dossiers en juillet 2006 et s’apprêtait à continuer les enquêtes et à organiser des procès équitables si nécessaire.

Subitement dans la soirée du mardi 5 septembre 2007, sur base de mandats d’arrêt du TPIR, la police française a arrêté pour la deuxième fois, en moins de deux mois, les deux suspects, parce qu’ils font l’objet d’une demande d’extradition par le TPIR. Ils avaient été arrêtés le 20 juillet 2007 sur pression du TPIR et des associations proches du FPR. Ils furent libérés le 1er août 2007 par la justice française qui ne jugeait pas nécessaire leur détention préventive.

Si la justice française accepte de les livrer au TPIR qui fermera ses portes fin 2008, ce ne sera pas pour les juger au TPIR à Arusha en Tanzanie. Les deux suspects courent le risque d’être traités comme des « colis » que le TPIR livrera au Rwanda où leur sécurité physique et mentale ne sera pas garantie.
En effet, plusieurs détenus rwandais libérés ou acquittés ont développé de curieuses maladies et divers handicaps physiques et mentales susceptibles d’avoir été provoqués par la torture physique et mentale et/ou par des empoisonnements opérés par des agents de la DMI (Directorate of Military Intelligence) infiltrés dans tous les services administratifs et judiciaires et dans les entreprises publiques et privées. Les exemples sont nombreux pour illustrer le sort tragique des détenus libérés :
- L’ancien président la république et vice-président du FPR, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU, a été emprisonné depuis le 20/04/2002. Il fut condamné arbitrairement à 15 ans. Il est sorti de la prison le 6 avril 2007. Il est très malade suite aux harcèlements moraux et aux mauvaises conditions de détention subies ;
- L’ancien préfet de Gikongoro (Sud du pays), Monsieur André NKERAMUGABA, est mort en prison des suites de la torture physique et mentale. Il a été tué sans procès.
- L’ancien président du Mouvement Démocratique Républicain (MDR), Monsieur Bonaventure UBARIJORO, a été emprisonné en 1999. Il est sorti après une année de prison en chaise roulante. Il est mort quelques années plus tard ;
- l’ancien Secrétaire Général du Mouvement Révolutionnaire National pour Développement (MRND) avant le génocide, Monsieur Bonaventure HABIMANA, est sorti de prison. Tout à fait diminué. Il vit en Belgique où il n’est plus visible en public, car il ne peut plus marcher sans l’aide de quelqu’un.
- L’ancien directeur de service, Monsieur Ignace Kanyabugoyi, a été d’abord enlevé, puis emprisonné dans des lieux secrets. Il a été aperçu ensuite au centre psychiatrique de Ndera. Finalement il a été libéré mais il marche à l’aide d’une béquille à son âge !
- Monsieur Phocas HABIMANA a été arrêté en décembre 1996 après son rapatriement forcé de l’ex-Zaïre. Il fut libéré en août 1998 pour mourir en décembre 1998.
- D’autres détenus ont été libérés mais ils ont presque tous des maladies bizarres assimilables à des maladies connues (sida, reins, estomac, tuberculose, hépatite, hypertension, etc.) mais les traitements médicaux classiques ne les soulagent pas.

Le TPIR a inculpé Bucyibaruta de génocide, incitation à commettre un génocide, extermination, meurtre et viol.
Les témoins oculaires qui l’ont côtoyé pendant les massacres affirment qu’il a tout fait pour s’y opposer mais qu’il n’avait pas les moyens nécessaires pour neutraliser les tueurs.
Il a néanmoins aidé et caché beaucoup de personnes menacées.

Ancien responsable de la paroisse de la Sainte-Famille, à Kigali, Munyeshyaka est également inculpé au TPIR pour génocide, viol, extermination et crimes contre l'humanité.
Il a par ailleurs été condamné à perpétuité le 16 novembre 2006 par un tribunal militaire du Rwanda pour complicité de génocide et viol dans le même procès que le général Laurent MUNYAKAZI, un des derniers collaborateurs fidèles et « Hutu de service » du président Paul Kagame.
Pendant plus de 10 ans, Laurent Munyakazi a monté de grade sans être inquiété par qui que ce soit. Les magistrats de ce tribunal se sont rendus coupables de crimes de génocide entre avril 1994 et décembre 1998.
Il s’agit du général KARAKE Karenzi qui était président de ce tribunal militaire et du Capitaine Tharcisse IDAHEMUKA qui instruisit la plupart des témoignages à charge.
Ces deux militaires du FPR sont cités parmi les plus redoutables massacreurs qui ont supervisé les massacres à Byumba, Kibungo, Kigali-Rural, Gitarama et Butare. Pour effacer les traces, ils ont organisé le transport par camions des centaines de milliers de cadavres de Hutu entre avril et décembre 1994.
Lors des massacres de déplacés de guerre de Kibeho en avril 1995, ces mêmes officiers étaient chargés de massacrer, de transporter les cadavres et de les incinérer dans des sites crématoires identifiés dans le livre de RUZIBIZA, un ancien officier Tutsi du Front Patriotique Rwandais réfugié en Norvège.
Voyons le témoignage du Lieutenant Abdul Joshua RUZIBIZA qui confirme le génocide des Hutu dans son livre de 494 pages intitulé « Rwanda : Histoire secrète » dans les pages 334-335 : « L’APR (Armée Patriotique Rwandaise) a commis un génocide contre les Hutus si le mot « génocide » se définit comme
suit :
Génocide, crime contre l’humanité imprescriptible qui s’entend, selon la définition de la Convention des Nations unies de 1948, comme : « l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, tels : meurtres de membres du groupe ; atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du
groupe ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe : transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe ».

Les massacres perpétrés par l’APR étaient toujours planifiés. Il ne s’agissait pas d’actes de vengeance ni de simples faits accidentels comme certains le prétendent.
Comme je l’ai évoqué, après l’attentat contre l’avion présidentiel de Juvénal Habyarimana, la guerre a directement embrasé le pays.
J’ai dit également comment toutes les unités avaient reçu des ordres bien spécifiques quant à leurs missions.
La tâche de massacrer systématiquement la population était attribuée à une catégorie de militaires bien choisis et formés spécialement sous la supervision de bourreaux qui exerçaient en qualité d’officiers de renseignement, de personnels de renseignement (Intelligence Officer/Intelligence Staff) ou de commissaires politiques dans l’armée (Political Commissar).
Cela n’empêchait pas que les spécialistes des tueries fassent parfois appel à une compagnie pour les épauler dans les opérations d’enterrement, de chargement, d’incinération ou de dissimulation des corps.
Tout dépendait de l’importance du nombre de gens tués ou devant être tués. Parfois on faisait appel à plusieurs compagnies.
Mais de telles interventions étaient d’autant plus rares que chaque unité militaire avait sa propre compagnie spéciale ou son propre peloton spécial.
Une compagnie de ce genre comptait souvent plus de 200 hommes et un peloton de plus de 100 hommes, opérant sous la supervision des IO (Intelligence Officers) des PC (Political Commissars)…
« La première phase des massacres de la population, orchestrés par l’APR après la prise du pouvoir par le FPR a concrètement débuté au mois de juillet 1994 pour continuer jusque fin 1996. La plupart des Hutus ont cru qu’il s’agissait de vengeances. Pourtant les massacres étaient planifiés.
Les populations hutues ont été décimées sur ordre des hauts militaires de l’APR. Les instances militaires ont vu leur tâche facilitée par un service spécialisé de renseignement oeuvrant au sein d’autres services de renseignement »…RUZIBIZA confirme à la page 337 : « Au niveau des services de la DMI (Directorate of Military Intelligence) ou de la G2 Army, les affaires traitées avaient une autre envergure.
Il y avait des sections au sein de la DMI qui étaient chargées de trier les personnes à assassiner, de les emmener sur le lieu d’exécution et de dissimuler toutes les traces. En sus, comme la DMI compte beaucoup d’agents dans chaque unité de l’APR, sélectionner, capturer, tuer et dissimuler les traces, tout cela était fait par des agents disséminés ici et là dans le pays »…

Toute extradition ou transfert de détenus Hutu vers le Rwanda, gouverné par un noyau de criminels Tutsi, est inacceptable :

Il est immoral et inacceptable d’extrader des détenus Hutu vers un pays gouverné par des criminels Tutsi dont l’impunité est assurée par le TPIR et les grandes puissances qui les soutiennent.

Un nombre important de criminels Tutsi, impliqués dans les crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, occupe des postes importants dans l’administration, dans l’armée et la police, dans les services de renseignement et dans la justice.
Ils ont continué leur sale boulot de tuer, de torturer et d’organiser des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées dans tout le pays.
Le président rwandais, le général Paul KAGAME, a ramené au Rwanda, les mêmes équipes de tueurs et de tortionnaires qu’il utilisait à l’époque où il était Directeur Adjoint de la DMI (Directorate of Military Intelligence) en Ouganda dans les années 1986.
Les rapports d’Amnesty International n’ont pas manqué à les dénoncer.
Ce sont ces criminels qui sont promus dans les forces de paix de l’ONU.
L’exemple d’une telle promotion : le Général Karenzi Jean Karake a été désigné Commandant adjoint de la force de maintien de la paix au Darfour (Soudan).
Le Conseil de Sécurité de l’ONU et l’Union Africaine ont avalisé cette nomination sans chercher à savoir qu’elles avaient à faire à un criminel notoire.
Au Rwanda, le général KARAKE Karenzi cumulait les fonctions de commandant de la quatrième Division militaire fonctionnant dans la province du Sud et celles de président du tribunal militaire qui a condamné à perpétuité l’Abbé MUNYESHYAKA Wenceslas.
Ce prêtre catholique Hutu, qui a aidé plus de 18.000 Hutu et Tutsi à survivre au génocide de 1994 à la paroisse Sainte Famille à Kigali, fut condamné par un général tutsi, KARAKE Karenzi, impliqué dans les crimes commis au Rwanda, au Congo et en Ouganda.


D’autres pays occidentaux s’apprêtent à extrader des suspects Hutu vers le Rwanda ou vers le TPIR qui fermera ses portes fin 2008.

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) demande aux pays qui détiennent des suspects Hutu du génocide rwandais de rejeter toute extradition vers le Rwanda ou vers le TPIR. Ces pays sont : la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, la Hollande, le Canada et la Finlande qui ont arrêté un ou plusieurs réfugiés Hutu qui résidaient dans ces pays depuis plusieurs années. Bien que le Rwanda a supprimé la peine de mort dans les peines appliqués aux personnes condamnés pour les crimes de génocide, le « gouvernement invisible », qui contrôle et paralyse toutes les institutions officielles de l’Etat Rwandais, utilise depuis 13 ans « d’autres instruments de mise à mort lente et sûre » plus discrets que le peloton d’exécution.
Il suffit de regarder l’état de délabrement des détenus en prison et les nombreux décès ou graves handicaps constatés parmi les détenus libérés provisoirement ou acquittés par quelques tribunaux.
Les détenus, qui ont « marchandé » leurs aveux avec la DMI pour être utilisés parmi les « syndicats de délateurs », sont ré emprisonnés une fois qu’ils ont réussi ou échoué à calomnier des Hutu innocents.
Ces syndicats de délateurs, qui sévissent partout au Rwanda devant les tribunaux GACACA ou devant les juridictions ordinaires, permettent aux dirigeants du « gouvernement invisible » d’orchestrer de nouveaux emprisonnements arbitraires et de maintenir en prison des milliers de détenus innocents.

Considérant toutes les violations massives et graves qui continuent de se commettre au Rwanda, le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda exhorte les gouvernements des pays, ci haut cités, à rejeter toute demande d’extradition vers le Rwanda ou vers le Tribunal Pénal International pour le Rwanda siégeant à Arusha en Tanzanie.
En effet, le TPIR se trouve dans l’incapacité d’organiser d’autres procès puisque son procureur, Monsieur Boubacar Jallow, a déjà fait savoir qu’il va extrader TROIS détenus (tous Hutu) et plusieurs dossiers judiciaires (des suspects Hutu en fuite) vers le Rwanda. Or le TPIR refuse de poursuivre les criminels Tutsi du Front Patriotique Rwandais (FPR) impliqués également dans les crimes de génocide, massifs et aveugles, commis sur des Hutu avant, pendant et après les massacres de 1994.
Si le TPIR avait poursuivi également les criminels tutsi depuis sa création en 1995, les peuples rwandais et congolais auraient pu éviter des centaines de milliers d’autres morts inutiles qui sont tombés sous les balles des militaires du FPR au Rwanda et en République Démocratique du Congo (RDC).


Les juridictions rwandaises, européennes ou le TPIR ne pourront jamais organiser des procès équitables tant qu’elles dépendront des magistrats rwandais soumis au FPR :



Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda ainsi que d’autres organisations de défense des droits humains ne cessent de faire le constat suivant qui prévaut depuis 13 ans:
1. Tant que la justice internationale sera dépendante de la justice rwandaise (contrôlée et paralysée par un noyau de criminels Tutsi), elle ne pourra jamais organiser des procès équitables dans les dossiers liés au génocide rwandais ;

2. Tant que les juridictions nationales (rwandaises et européennes) et le TPIR verront défiler de nombreux « syndicats de délateurs » manipulés par les extrémistes au pouvoir à Kigali, il leur sera impossible de rendre une justice équitable et sereine ;

3. Tant que les investigations des juges d’instruction et des enquêteurs nationaux ou internationaux seront supervisées par les magistrats rwandais contrôlés par le régime de Kigali, elles seront entachées par des mensonges et des fausses accusations qui ne pourraient qu’aboutir à des procès inéquitables.

4. Il n’y aura pas de justice équitable tant que la magistrature rwandaise sera perpétuellement purifiée ethniquement, contrôlée et paralysée par les chefs militaires et politiques du FPR impliqués dans les crimes de génocide, des crimes de guerre, et des crimes contre l’humanité. Plusieurs magistrats sont soumis au régime FPR et certains d’entre eux sont impliqués dans les crimes de génocide commis au Rwanda.

Considérant cette dépendance préjudiciable à leur image, nous recommandons aux juridictions des pays européens, ci haut cités, de suspendre momentanément toutes les enquêtes liées au génocide tant que la magistrature rwandaise restera prise dans l’étau du « pouvoir occulte » des chefs militaires et politiques du FPR impliqués eux-mêmes dans les crimes de génocides, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.

Considérant que toutes les institutions officielles de l’Etat Rwandais sont complètement contrôlées et paralysées par ces mêmes détenteurs du « pouvoir occulte », tous les efforts de reconstruction et de développement d’une magistrature crédible au Rwanda sont voués à l’échec.
Les tribunaux GACACA, qui ont provoqué l’emprisonnement arbitraire des dizaines de milliers de personnes grâce aux nombreux « syndicats de délateurs » encadrés par les agents de la DMI, font des victimes innocentes parmi les rescapés Hutu du génocide rwandais.
Nous insistons sur le fait que près de 100.000 personnes ont déjà fui le pays depuis le 10 mars 2005 suite lancement de ces tribunaux criminels sur tout le territoire rwandais. Le GACACA est considéré comme une sorte de nouvel « holocauste » pour les rescapés Hutu des massacres du FPR.

Considérant que la capacité de manipulation et l’art de mentir du régime rwandais se sont affinés depuis 13 ans, l’éradication de l’impunité ne pourra réussir que si elle concerne également tous les chefs militaires et politiques du FPR qui ont massacré des innocents et qui rackettent et tiennent en otage le peuple rwandais, toutes ethnies confondues.

Il est faux de croire que les pays occidentaux pourront jouer le rôle de pays neutres alors que de nombreux témoins crédibles montrent que certaines puissances comme les USA, la Grande Bretagne, la Belgique et le Canada continuent de favoriser l’oppression et la remise en esclavage du peuple rwandais par leur soutien aveugle au régime du FPR.
Un peuple écrasé par la répression d’une poignée de criminels de guerre tutsis qui s’assurent l’impunité par tous les moyens extralégaux.
Le pillage du Congo, objectif final de la tragédie rwandaise, ne profite qu’à ce petit noyau dur de criminels soutenus et protégés par les grandes puissances qui pillent le Congo par « mercenaires rwandais » interposés.

« Le grand ennemi de la vérité, est très souvent non le mensonge délibéré, artificiel et malhonnête, mais le mythe persistant, convaincant et irréaliste »
Cette définition, empruntée au président américain John Kennedy illustre très bien combien le mythe selon lequel le FPR a arrêté le génocide est le plus grand obstacle à la vérité, à la justice et à la réconciliation.
La discrimination entre les victimes d’une même tragédie et le mépris exprimé par les autorités rwandaises actuelles à l’endroit des victimes non Tutsies sont des comportements inhumains, cyniques et irresponsables que les juridictions européennes et les gouvernements occidentaux devraient combattre sur le territoire européen.

5) RECOMMANDATIONS :
Pour conclure, nous recommandons aux gouvernements des pays qui détiennent dans leurs prisons des suspects du génocide (accusés à tort ou à raison par les autorités rwandaises) de ne pas les extrader vers le Rwanda ou le TPIR (qui ferme ses portes en 2008) en attendant le rétablissement de l’Etat de droit et le respect des droits et des libertés publiques au Rwanda. Il s’agit des pays suivants : Ces pays sont : la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, la Hollande, le Canada et la Finlande.

Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur.



CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.





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