Posté le 19.07.2008 par perewenceslas
BELGIQUE/RWANDA -
LA BELGIQUE POURRAIT EXECUTER LES MANDATS ESPAGNOLS CONTRE LE FPR (MEIRE)
Bruxelles, 18 Juillet 2008 (FH) - Philippe Meire, le procureur fédéral belge reste déterminé à faire exécuter sur le sol belge, le cas échéant, les mandats d'arrêt européens espagnols qui visent des membres du Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir à Kigali.
«Soyons clairs : ces mandats seraient exécutés en dehors des personnes bénéficiant d'une immunité de juridiction », a-t-il déclaré dans son entretien à l'agence Hirondelle en faisant allusion à l'annulation par le Rwanda, en mai dernier, de la visite de la ministre des Affaires étrangères rwandaises après que les autorités belges lui eurent signalé la présence, qui n'avait pas été annoncée parmi la délégation, de Joseph Nzabamwita, n°2 de la sécurité extérieure recherché par la justice espagnole.
Nzabamwita fait partie de 40 personnalités rwandaises visées par des mandats d'arrêt délivrés le 6 février dernier par le juge Fernando Abreu Merelles. La justice espagnole accuse ces hauts dirigeants du Front patriotique rwandais (FPR) du régime de génocide, crimes contre l'humanité et terrorisme.
«Le Rwanda s'est ému lorsque nous l'avons prévenu que les mandats d'arrêts espagnols seraient exécutés à l'encontre d'un Rwandais accompagnant la délégation. Mais nous sommes tenus légalement vis-à-vis des Espagnols d'exécuter ces mandats », a-t-il justifié.
De même, « si une plainte recevable est déposée » à l'encontre du FPR devant les tribunaux belges, « elle fera l'objet d'enquêtes», a-t-il assuré, en commentaire des critiques récurrentes de partialité de la justice, devant laquelle comparaissent des représentants de l'extrémisme hutu ou des exécutants de la politique génocidaire, alors que le FPR à majorité tutsi, qui a pris le pouvoir en 1994 en stoppant les tueries, est également soupçonné de crimes d'envergure.
Il a rappelé qu'une plainte avait été déposée par l'ex-major Bernard Ntuyahaga (condamné en 2007 par la justice belge à 20 ans de prison pour son rôle dans le génocide) contre « le président Paul Kagame, et d'autres personnes ». « Des devoirs d'enquête ont été effectués, nous avons voulu en exécuter d'autres, notamment en Tanzanie, qui a bloqué les démarches. Puis ce dossier a fait l'objet d'un déssaisissement par la Cour de cassation en 2003 », rappelle le procureur.
«Deux autres plaintes concernant des faits commis par "l'autre camp" ont été classées sans suite, car les critères de compétence n'étaient pas réunis », précise-t-il, avant d'ajouter : « Mais, à l'heure actuelle, je n'ai pas connaissance de personnes ayant appartenu au FPR, ayant participé à des crimes de guerre ou contre l'humanité et qui seraient présentes sur le sol belge. »
BF/PB/GF
© Agence Hirondelle
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Posté le 24.07.2008 par perewenceslas
Les pauvres sont chassés dans la capitale Rwandaise, Kigali.
Les autorités Rwandaises ont détruit les habitations des pauvres du quartier Kiyovu. Des femmes et des enfants passent nuit dans les décombres de leurs maisons. Certains des ces pauvres auraient été arrêtés par la police Rwandaise.
Le journaliste de la Radio BBC kinyarwanda qui voulait en savoir plus de ces arrestations n' a pas été autorisé à parler avec la police
parce que cette Radio n'a pas droit de s'entretenir avec les responsables de la police Rwandaise.
source: Felin Gakwaya de la BBC Kinyarwanda
22 juillet 2008.
Posté le 27.07.2008 par perewenceslas
Le Rwanda menace de retirer ses casques bleus du Darfour, affirme le Washington Post
(VOA News 25/07/2008)
Le grand quotidien américain Washington Post rapporte que le Rwanda menace de retirer ses quelques 3.000 casques bleus du Darfour si le commandant-adjoint de la force hybride ONU-Union africaine au Darfour (MINUAD), le général Karaze Karenzi, est démis de ses fonctions. L’ONU aurait appelé Kigali à remplacer le général qui est accusé d’avoir commis des crimes de guerre au Rwanda durant les années 1990.
En février, un tribunal d'instruction espagnol a lancé des mandats d'arrestations internationaux à l'endroit d'anciens membres de l'Armée patriotique rwandaise (APR), dont Karenzi, qui est recherché pour génocide et terrorisme.
Selon le Washington Post, qui cite des sources au sein de l’ONU, le gouvernement rwandais a fait savoir que ces accusions sont dénuées de fondement.
L’émissaire du Rwanda à l’ONU, Joseph Nsengimana, a envoyé lundi un mémorandum à l’ONU dans lequel il a averti que les quelques 3.000 casques bleus rwandais seraient retirés du Darfour si l’ONU fait remplacer Karenzi.
La porte-parole des Nations Unies Michèle Montas a confirmé que M. Ban avait reçu ce mémorandum, auquel il n’a pas encore répondu. Jeudi, le département d’Etat américain a annoncé qu’il avait examiné le dossier de Karenzi et n’y avait pas trouve motif à l’exclure des opérations de maintien de la paix. Ce qui de toute façon, a estimé le département d’Etat, aurait un impact dévastateur sur la mission de la MINUAD.
24/07/2008
© Copyright VOA News
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Général Karenzi Karake le Rwanda menace de retirer ses Troupes au Darfour.
Selon l'ambassadeur du Rwanda à l'ONU Joseph Nsengimana entendu sur la BBC, Kigali menace de retirer son contingent 3000 hommes au Darfour si le Général Karenzi Karake Emmanuel n'est pas reconduit comme commandant adjoint de la MINUAD. En effet les ONG reclament la fin de son mandat parce que le Général Karenzi est recherché par la justice Espagnole pour des crimes contre l'humanité commis sur les populations civiles au Rwanda. Selon la justice Espagnole il est accusé entre autre dans le meutre du Prêtre Canadien Guy Pinard massacré en plein messe à Ruhengeri au nord du Rwanda. Néanmmoins les Etats Unis d'Amérique (USA) soutiennent le maintient du général Rwandais au sein des Forces hybrides "UA ONU" au Darfour, malgré des fortes accusations qui pèsent sur lui.
Posté le 27.07.2008 par perewenceslas
Extrait du Rapport de Human rights watch juillet 2008
L'Eglise Catholique mal vue au Rwanda.
L’affaire du père Guy Theunis (pp65-66)
Bien qu’approuvé et mis en oeuvre par des fonctionnaires du ministère de la Justice,
l’incitation à accuser le Père Guy Theunis, un prêtre belge, militant pour les droits
humains et journaliste, semble être venue de personnes hostiles à l’Eglise catholique, dont certaines cherchaient à reprendre le contrôle de la revue Dialogue dont Theunis avait été autrefois rédacteur en chef. La revue, éditée au Rwanda avant 1994 et publiée maintenant en Belgique, publie souvent des articles critiques à l’égard du gouvernement rwandais actuel. Cette affaire montre comment un petit nombre de personnes puissantes peuvent apparemment jouer sur des émotions dominantes —dans ce cas l’hostilité envers l’église— pour atteindre leurs objectifs.
Elle montre aussi comment le bureau du procureur dans le système classique est lié
aux juridictions gacaca.
Le bureau du procureur a monté à la hâte un dossier contre Theunis, lorsque celui-ci
a transité à l’improviste par le Rwanda en venant du Congo et se rendant en Europe,
en septembre 2005. 183 Formant un contraste remarquable avec les dizaines de milliers de personnes se trouvant dans les prisons rwandaises dans l’attente d’être jugées, Theunis a été traduit devant une juridiction gacaca cinq jours après son
arrestation.
Theunis, prêtre depuis vingt ans au Rwanda, a contribué à mettre sur pied une des remières organisations de défense des droits humains au Rwanda en 1990, et il a 181 Entretien de Human Rights Watch, ancien haut fonctionnaire judiciaire, par téléphone, 6 Novembre 2007.
182 Parlement rwandais
« Rapport de la commission parlementaire ad hoc, créée le 20 janvier 2004 par le parlement, chambre des députés, pour analyser en profondeur les tueries perpétrées dans la province de Gikongoro, idéologie génocidaire et ceux qui la propagent partout au Rwanda », Juin 2004, pp. 8-9 (traduction non officielle).
183 Entretien de Human Rights Watch avec un ministre d’Etat, Kigali, 8 septembre 2005.
documenté des exactions aussi bien contre les Tutsi que contre les Hutu.
Evacué pendant le génocide, Theunis a travaillé pour maintenir les autres informés sur les exactions commises dans le pays. Affecté plus tard ailleurs en Afrique, il est retourné
brièvement au Rwanda en 2004. Aucune accusation n’a alors été portée contre lui.
Les autorités rwandaises n’ont pas non plus lancé d’accusations contre Theunis auprès des autorités judiciaires belges, avec qui elles discutaient fréquemment des
poursuites liées au génocide.
Au moment où Theunis faisait cette escale imprévue au Rwanda, un groupe basé à
Kigali et comprenant certains dirigeants importants du FPR, essayait de prendre le contrôle du titre et du compte bancaire de la revue Dialogue. Ayant eu connaissance
de la présence de Theunis à Kigali, un leader du groupe a cherché à rencontrer Theunis pour lui demander de l’aider à cet effet. Il a refusé, disant qu’il n’avait plus de connections avec la revue. Le lendemain, Theunis était arrêté sur mandat du bureau du procureur alors qu’il s’apprêtait à monter à bord d’un avion pour l’Europe.184 La personne qui lui avait demandé son aide le mardi l’accusait de génocide devant la gacaca le dimanche suivant.
A cette audience de gacaca, les restrictions habituellement sévères sur la participation d’étrangers et sur les enregistrements audio et vidéo ont toutes été levées, apparemment pour attirer une attention plus grande sur le procès. Environ 1700 personnes, dont certaines averties par des annonces répétées à la radio, ont assisté au procès.
Une vingtaine de témoins, dont plusieurs membres importants du FPR, ont dénoncé
Theunis pour avoir soutenu le génocide. Ils s’appuyaient sur une lecture malhonnête
et tendancieuse de certains de ses articles, ignorant, par exemple, la distinction
entre ses propos et ceux qu’il citait (et qu’il avait indiqués par des guillemets). Ses
efforts pour alerter les autres sur le génocide étaient dénaturés et présentés comme
des efforts pour décourager l’intervention internationale. Certains des témoins lisaient des déclarations toutes prêtes, ce qui est inhabituel dans les audiences gacaca où les participants parlent d’habitude spontanément.186 Un officier militaire supérieur qui se trouvait dans le public a déclaré à un chercheur de Human Rights Watch qu’il était
«content » de voir l’église humiliée par les actions en justice.
Les juges gacaca ont désigné Theunis comme un suspect de génocide de première
catégorie, et ils l’ont renvoyé à la prison de Kigali. Revenu sous la juridiction du procureur, Theunis a eu droit à l’assistance d’un avocat pendant qu’il était interrogé,
mais son droit à être rapidement et pleinement informé des charges pesant contre
lui n’a pas été respecté. C’est seulement au cours de son quatrième interrogatoire et
sur l’insistance de son avocat qu’on lui a communiqué les huit chefs d’accusation
pesant contre lui, dont complicité de génocide ainsi que révisionnisme et minimisation du génocide, accusations basées sur des déclarations qu’il aurait faites après 1994.
Quand il a été présenté devant la Haute Cour pour une audience sur sa proposition de transfert au système judiciaire belge, on lui a dit qu’il y avait dix chefs d’accusation, mais on ne lui a pas dit en quoi consistaient les deux accusations supplémentaires.
Theunis a passé deux mois et demi en prison avant d’être transféré en Belgique. A
son arrivée, il a été mis en liberté pendant que la police belge menait son enquête.
Plus de deux ans plus tard, le dossier est toujours ouvert, bien que des sources officielles proches de l’enquête aient dit que le dossier était « vide de toute preuve réelle ».
Posté le 31.07.2008 par perewenceslas
Un "présumé" criminel au service de l'ONU ?
L’affaire ‘‘Général Karenzi-Karake’’ : un nouveau test pour la crédibilité de l’ONU
Le Général Emmanuel Karenzi-Karake est actuellement commandant en second de la Force hybride des Nations-Unies et de l’Union africaine (UNAMID) déployée dans la région du Darfour au Soudan.
Avant d’atteindre ces sommets, cet officier rwandais a fait un long parcours qui l’a amené de son Ouganda natal au Rwanda de ses ancêtres. Il fut incorporé dans la rébellion de Yoweri Museveni, l’actuel Président ougandais, au début des années 80.
Après la prise du pouvoir en Ouganda en janvier 1986, Karenzi-Karake servit dans la nouvelle armée (National Resistance Army : NRA) comme un des proches subordonnés d’un certain… Paul Kagame, alors redoutable chef des renseignements militaires en Ouganda. Lorsqu’une partie de l’armée ougandaise envahit le Rwanda le 1 octobre 1990, Karenzi-Karake, comme Lieutenant, était du nombre.
Un peu plus tard quand Paul Kagame reprendra le commandement des troupes d’invasion baptisées pour la circonstance « Rwanda Patriotic Army : RPA/APR » et que les premières négociations avec le gouvernement rwandais aboutiront à l’installation d’un groupe d’observateurs militaires pour superviser le cessez-le- feu, Karenzi-Karake sera nommé pour conduire le groupe désigné par Paul Kagame et envoyé au Rwanda pour représenter l’APR. C’était en 1991.
Depuis lors, il ne quittera plus le pays. Au contraire, il y tissera des liens complexes et multiformes jusqu’à devenir un acteur majeur sur l’échiquier politique où s’affrontaient les politiciens rwandais dans le cadre d’un multipartisme mal compris. Un des artisans de la victoire totale (militaire et politique) des anciens soldats de Yoweri Museveni qui avaient pris le pari de conquérir le Rwanda, c’est tout naturellement qu’il se retrouva chef des renseignements militaires dans la nouvelle armée dirigée par son mentor Paul Kagame. Il a gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire et a occupé des postes importants de commandement ou d’Etat-major que ce soit au Rwanda même ou dans des pays voisins, notamment en République Démocratique du Congo dans les la cadre des expéditions de ces « Soldats Sans Frontières » made in Uganda. En 2008, soit exactement 18 ans après son aventure rwandaise, l’histoire le rattrape et le Général Emmanuel Karenzi-Karake est inculpé par un juge espagnol pour « crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide, … ».
D’après l’ordonnance du Juge Fernando Andreu Merelles, Karenzi-Karake aurait fait assassiner des personnalités politiques au Rwanda entre 1992 et 1994, aurait fait exécuter des témoins gênants, surtout des ressortissants étrangers lors de la compagne lancée par les conquérants après 1994. Il aurait supervisé le génocide perpétré contre les réfugiés hutu en RDC et contre des citoyens congolais assimilés aux Hutu entre 1996 et 2002, quand il était chef des opérations du corps expéditionnaire envoyé dans l’ex-Zaïre dès 1996.
Peu après son inculpation, le Général Karenzi-Karake fut quand même proposé pour un poste de commandant en second de la Force de maintien de la paix au Darfour. Le Secrétaire général de l’ONU de l’ONU approuva cette proposition et nomma à ce poste un criminel de guerre présumé, ce qui est quand même un comble d’ironie pour une organisation censée promouvoir la paix entre les nations.
La logique de l’ONU venait encore une fois suivre la ligne de conduite tracée par la seule puissance dominante du moment qui se trouve être le soutien aveugle et inconditionnel du régime totalitaire installé au Rwanda.
Les quelques indignations exprimées par des observateurs neutres et avisés n’ont pas retenus l’attention des décideurs de New-York face au diktat des Etats-Unis d’Amérique. C’est donc ainsi qu’un criminel de guerre présumé Karenzi-Karake s’est retrouvé responsable de la paix dans une région en guerre !
Malgré ce coup de force des milieux pro-FPR ayant conduit l’ONU à renier ses idéaux jusqu’à intégrer un criminel présumé dans les rangs de ses fonctionnaires, le malaise est resté perceptible dans les couloirs du Palais de verre de New-York. C’est ainsi que l’affaire Karenzi-Karake vient de rebondir à l’occasion du renouvellement de son mandat. Cette fois-ci, tous les diplomates de bonne foi estiment que l’ONU ne devrait pas continuer à employer un criminel de guerre présumé et cela en contradiction avec la Charte des Nations-Unies. C’est alors que Paul Kagame brandit son arme « secrète » et préférée et qui s’est toujours révélée efficace : le chantage.
En effet pour défendre son homme de main du temps où il était le chef des renseignements militaires en Ouganda, Paul Kagame se devait d’y mettre tout son poids. On se rappellera que le service qu’il dirigeait en Ouganda et qui lui a valu le surnom de « Pilato » (Ponce Pilate), fut chargé de réduire en silence par tous les moyens, les Ougandais qui ne se soumettaient pas au nouveau régime de Museveni et à son armée commandée par des ressortissants rwandais.
Soutenu en cela par son parrain US, Paul Kagame menace de retirer son contingent du Darfour si le mandat de Karenzi-Karake n’est pas renouvelé.
Nous osons affirmer que malgré son arrogance et un semblant d’assurance dans la gestion de ce dossier, que Paul Kagame est placé devant un dilemme : d’une part si le contrat de Karenzi-Karake n’est pas renouvelé et s'il retire comme il menace tout le contingent du Darfour, il court les risque de provoquer un mécontentement généralisée au sein de son armée qui pourrait aller jusqu’aux mutineries dans certaines unités. D’autre part, s’il maintient le contingent rwandais au Darfour malgré le départ de Karenzi-Karake, il aura perdu la face aux yeux de la Communauté internationale, ce qui donnerait des idées à certains de ses partenaires dans la région des Grands lacs qui n’osaient pas lever le petit doigt à chacune de ses caprices de peur de s’attirer les foudres de Washington et de la même ONU.
Si le Secrétaire général de l’ONU osait résister aux pressions américaines et avait le courage de privilégier les idéaux de l’organisation dont il a la charge, il résilierait le contrat du criminel de guerre présumé Karenzi-Karenzi et les menaces du dictateur de Kigali n’auraient aucun impact sur le déroulement des missions de maintien de la paix au Darfour ou ailleurs. En effet, Paul Kagame a trouvé dans les missions de maintien de la paix l’occasion d’occuper son armée hypertrophiée et en même temps offrir aux favoris de son armée des vacances hautement rémunérées par l’ONU. Du coup tous les acteurs y ont pris goût et ne peuvent plus lâcher prise. C’est ainsi que Paul Kagame n’hésite pas à envoyer au Darfour des officiers mis depuis des années en retraite mais qui ont besoin e se refaire une santé financière. De plus, chaque soldat de l’armée de Kagame, pour autant qu’il soit classé du ‘‘bon’’ côté, ne rêve que d’être envoyé au Darfour d’où il reviendrait six mois plus tard avec une pécule largement supérieure à sa solde cumulée de toute sa carrière.
En retirant son contingent pour soutenir le seul officier Karenzi-Karake inculpé pour crimes de guerre, Paul Kagame risque de mécontenter une partie de son armée surtout ceux qui attendaient leur tour pour aller ramasser eux aussi la manne au Darfour.
Dans ces conditions, on voit mal de quelle marge de manœuvre dispose le dictateur de Kigali pour mettre sa menace à exécution. N’eût été le soutien aveugle des Etats-Unis à Kagame, le Secrétaire général de l’ONU serait bien inspiré et prendrait une décision allant dans le sens qui rencontre les idéaux de l’ONU et résilierait le contra du criminel de guerre présumé Emmanuel Karenzi-Karake.
Emmanuel Neretse Le 31/07/2008
http://www.musabyimana.be
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Selon la BBC Kinyarwanda le président Paul Kagame a donné sa conférence de presse hier le 31 juillet 2008 à Kigali.
Sur la question du Général Karenzi Karake commandant adjoint de la "Unamid" au Darfour, Paul Kagamé a demandé Conseil de Sécurité de choisir entre le maintien du Général Karenzi Karake (recherché pour génocide et crime contre l'humanité par la justice Espagnole) ou le retrait des troupes Rwandaise.
"On verra si les juges Bruguière et Fernando Andreu Merelles viendront assurer la sécurité au Darfour" a t il ajouté en substance.
Posté le 31.07.2008 par perewenceslas
A l’intérieur des prisons du Rwanda
Les prisons rwandaises connues abritent officiellement plus de
120.000 détenus (8 millions habitants). A cela il faut ajouter un nombre indéterminé de prisonniers dans les cachots éparpillés sur tout le territoire et gérés par les membres de la Local Defence ‘‘Abakada’’.
Les prisons rwandaises sont qualifiées par bon nombre d’observateurs, et à juste titre, de « prisons-mouroirs ». Le taux de mortalité et de morbidité y très est élevé. Selon les rapports du « Bureau de la démocratie, des droits humains et du travail » du Département d’État des États-Unis d’Amérique, des dizaines de milliers de détenus arbitrairement arrêtés et illégalement détenus dans les prisons rwandaises surchargées sont morts sans jugement dans les mains de l'État. Ce Département a recensé 860 décès en 1997, 3.300 décès en 1998, 1.148 décès en 1999, 1100 décès en 2000, 708 décès en 2001. Comme bon nombre de prisonniers n'étaient pas officiellement enregistrés, ces chiffres macabres ne révèlent que le bout de l'iceberg. Ceux qui ne meurent pas vivent dans conditions très inhumaines et subissent à la longue les effets débilitants du surchargement carcéral. Les témoignages de ceux qui ont pu sortir de cet enfer donnent de la chair de poule.
Des prisons surpeuplées
C’est une première dans l’histoire de la coopération mondiale mais le Rwanda a demandé des aides pour construire des prisons. Et il en a reçu. Pourtant, il a rejeté l’offre faite par des pays amis pour renforcer la justice rwandaise par des magistrats étrangers car il était estimé qu’il faudrait à la justice ordinaire plus d'un siècle pour juger tous les détenus.
Le régime du FPR est passé entre-temps à la vitesse supérieure et partout où il y avait de la place, il y a érigé des prisons. Des dépôts immenses des marchandises, des hangars des usines, tout cela sert de nouvelles prisons.
La surpopulation des prisons rwandaises s’explique par le fait que leur capacité d’accueil était de 18.000 places avant l’avènement du FPR au Rwanda en 1994. Aujourd’hui les mêmes infrastructures accueillent plus de 100.000 détenus.Image
La prison de Kigali a été construite en 1930 pour une capacité d’accueil de 480 personnes. Elle abrite aujourd’hui environs de 11.000 détenus. La majorité des prisonniers sont ainsi entassés dans la cour intérieure. Vu leur nombre élevé, une certaine synchronisation est respectée par les prisonniers dans leur vécu quotidien. Personne ne peut s’allonger : tout le monde est debout ou tout le monde est assis. Pour se tourner, c’est tout le monde en même temps et dans la même direction. Aucune autre alternative n’est possible. Dans ces conditions, c’est la loi de la nature qui s’applique : les plus faibles succombent après quelques mois; les plus résistants en gardent des séquelles irréversibles. Le témoignage de Mr F. sur ces conditions de détention est poignant. Il a passé 6 ans dans la prison de Kigali. Il marche grâce à une canne et fait des pas à la manière d’un astronaute dans l’apesanteur.
L’abbé K. a été appréhendé en 1998. Il a été enfermé dans un cachot exigu avec 16 personnes. Dix d’entre elles sont mortes de suffocation. Car, pour approcher le petit trou d’air, il fallait jouer les coudes. Grâce aux connaissances, il été emmené dans la prison de Gikondo. Présenté au Tribunal, il a été condamné à mort en Première Instance. Il a eu de la chance de bénéficier d’un avocat et a été acquitté en Appel. Il vit actuellement en Italie. Quand je l’ai rencontré, il m’a raconté son histoire pour me convaincre de prier Dieu car c'est grâce aux prières, m’a-t-il dit, qu’il a échappé à la mort du cachot et à la sentence du Tribunal.
Une organisation de type maffieux
Il existe une certaine catégorie de prisonniers triés sur le volet et recommandés aux responsables des prisons par des procureurs, des substituts ou des agents de la DMI. Ils reçoivent alors des pouvoirs et deviennent incontournables. Ils ont toute la latitude de sortir de la prison et d’y revenir à leur aise. Ils sont en contact permanent avec les gardiens de prison. Ils sont les maîtres des lieux la nuit quand le portail de la prison vient d’être fermé. Ce sont des sortes de ‘‘Caïds’’. A leur tête se trouve le KAPITA, le chef suprême.
Les ‘‘Caïds’’ sont omnipotents. Sans eux, aucune transaction entre la prison et l’extérieur n’est possible. Ainsi, un prisonnier qui a des biens ou qui a des membres de famille pouvant l’aider, passe par les caïds. Ils se chargent alors des contacts, recueillent l’argent et clôturent la transaction moyennant finances naturellement. Ils gagnent ainsi des sommes colossales car certains prisonniers vendent, à partir de la prison, leurs biens immeubles pour pouvoir survivre. Cet argent leur permet d’abord d’entretenir de bonnes relations avec le chef et ensuite de pouvoir s’acheter où s’allonger ou se faire livrer des repas pour compléter l’alimentation maigre et insuffisante de la prison. Les Caïds sont des véritables marchands de sommeils. Ils mettent main basse sur les rares ‘‘lits’’ qui sont en prison et les louent à prix d’or.
Pour que ce réseau maffieux continue à fonctionner, le KAPITA doit verser régulièrement une partie de ces recettes non seulement aux responsables de la prison mais également aux procureurs et autres substituts car c’est dans des parquets que tout se traite : ces magistrats signent des convocations bidons, ce qui permet à tel ou tel prisonnier de sortir et de rencontrer soit sa femme, soit un ami ou un autre membre de la famille et surtout d’avoir quelques heures de répit à l’extérieur de l’enfer carcéral.
Des tortures d’un autre genre
Les bastonnades sont monnaie courantes les prisons du Rwanda. Ils sont pratiqués par des militaires qui gardent les prisons. Nuitamment, un prisonnier ciblé pour diverses raisons est extrait de la prison et battu pendant plusieurs heures. C’est durant ces séances de passage à tabac que des gens plaident coupables pour sauver leurs vies ou acceptent d’aller témoigner contre une autre personne que IBUKA ou la DMI veut faire condamner. De tels témoins se produisent régulièrement dans les tribunaux rwandais et au TPIR à Arusha. Une dame vivant en Belgique m’a raconté comment son frère a été appréhendé depuis 1994. Il a été longtemps sans dossier et dernièrement il lui a envoyé le message suivant : « C’est fini pour moi, il faut m’oublier, je vais finir ma vie en prison. J’ai été battu à mort et finalement j’ai accepté de signer que j’ai tué 20 personnes ».
Périodiquement, les militaires ferment des vannes des tuyaux d’eau menant à la prison. Pendant 2 à 3 jours, la prison est sans eau. Les toilettes se remplissent, les excréments de ces milliers de personnes débordent dans la cour où sont entassés les prisonniers. Ils se vautrent dans ce mélange merdeux. Mon interlocuteur m’a dit que malgré cela, il mangeait quand même. Les plus fragiles tombent malades et souvent la mort suit.
Le Rwanda est pauvre. Il ne peut pas nourrir ces milliers de personnes en détention. Les membres de leurs familles leur viennent au secours. Ils leur apportent à manger. Toute la nourriture est versée dans un grand tonneau rouillé. Avec un long bâton, un militaire la tourne sens dessus dessous ‘‘à la recherche de grenades’’ ou autre matériel prohibé. Un de mes interlocuteurs m’a dit avoir appris que ce bâton serait imbibé d’une solution de plomb et qu’à la longue ce produit serait hautement cancérigène.
A la prison de Rilima au sud de Kigali, un ancien cadre de l’administration publique qui y était m’a raconté comment des gens subissaient des sévices sexuels. Une brique était attachée à une ficelle en nylon et suspendue sur les testicules d’un homme les bras attachés derrière le dos. La souffrance était atroce. Une autre forme de torture consiste à creuser un trou dans un « umutanga », une sorte de courge sauvage. Celui-ci produit un suc acide. Le prisonnier est invité à y enfoncer son sexe. Les dégâts sont immédiats. La Croix Internationale a été témoin de ces pratiques et en aurait parlé au Président Paul Kagame, selon mon interlocuteur.
Un ancien prisonnier de Gisovu, à Kibuye, m’a dit qu’en 1999 il y a eu un fléau de typhus à la prison. Plus de trois cent personnes en sont mortes. Le Gouvernement n’a parlé que de 40 morts.
Dans la prison de Gitarama, certains prisonniers ont été amputés des membres inférieurs. Ayant leurs pieds trempés dans des flaques d’eau salée pendant des mois voire des années, les détenus pourrissaient sur les pieds. Les membres inférieurs gangrénés, leur amputation est le seul moyen de sauver la victime.
Celui qui ne meurt pas en prison ne sait plus marcher une fois libéré. Il doit se servir des béquilles. Les libérations périodiques médiatisées à outrance sont faites pour donner de la place aux nouveaux prisonniers. Les personnes libérées sont souvent au bord de la mort et certaines sortent des fois de la prison sur des brancards.
Des supplices dans des prisons non connues
Dans les camps militaires, des containers y sont déposés et accueillent régulièrement des prisonniers. Faites dans des tôles avec une épaisseur dense, ces caisses métalliques sont régulièrement déplacées avec leurs contenus au gré des tortionnaires de la DMI. Fermées hermétiquement avec de petits trous d’aération, la chaleur y est intense. Pour alléger leur souffrance, les prisonniers sont tous à poils, hommes et femmes. Ils font leurs besoins sur place. Les femmes sont les premières à être atteintes car leurs cycles menstruels dans des conditions hygiéniques déplorables en rajoutent et des infections ne tardent pas à se manifester. Un témoignage recueilli à ce sujet fait état de la mort de la femme du Professeur Runyinya Barabwiliza et de celle de Gatorano Gad dans ces fameux containers sous les yeux impuissants de leurs maris.
Des containers qui autrefois servaient à stocker le charbon au marché de Gikondo, un des quartiers de la capitale Kigali, ont servi à enfermer des gens à l’arrivée du FPR au pouvoir. Une brigade de gendarmerie a été installée sur les lieux pour la circonstance.
Dans le camp militaire de Kami, dans les environs de Kigali, il existe des tranchées appelées ‘‘INDAKI’’ ou ‘‘GO DOWN’’. C’est là où auraient péri notamment le Colonel Cyiza Augustin et le Député Léonard Hitimana. Voici comment un témoin oculaire a décrit la prison de Kami : « Dans le courant du mois de janvier ou février 1995, je me suis rendu au Camp Kami avec un ami, un chauffeur d’un major de la DMI. Lorsque je suis arrivé au camp Kami, j’ai vu que l’on avait creusé des tranchées et des personnes détenues se trouvaient à l’intérieur de ces tranchées. Elles étaient, les jambes liées, et les poignets étaient entravés par des cordes, attachées à des petits piquets. Les militaires boutaient le feu à des jerricans de 20 litres et laissaient fondre les résidus sur les corps des personnes entravées dans les tranchées ».
En avril 2001, le Capitaine Georges Rwakampala du FPR a fui le Rwanda. Le Sergent M., chargé de son escorte, a été arrêté par la DMI pour n'avoir pas pu prévenir au sujet de l'évasion de son supérieur. Il fut emprisonné dans les tranchées du camp militaire de Kami. Son témoignage confirme l'existence de ces souterrains de la mort.
©Gaspard Musabyimana, le 25 septembre 2007
http://www.musabyimana.be
Posté le 02.08.2008 par perewenceslas
Human rights watch a récompensé un groupe de journalistes courageux dont une Rwandaise.
Lucie Umukundwa travaillait pour la Voix d’Amérique à Kigali. Lors d’une conférence de presse du président Kagamé, la journaliste a osé demander au Président pourquoi les services de sécurités Rwandaises exercent des pressions sur les journalistes : par des intimidations, des menaces et filatures… par la suite le frère de la journaliste a été battu, un message adressé à sœur. Lucie Umukundwa s’est exilée en France.
Posté le 02.08.2008 par perewenceslas
Selon la BBC Kinyarwanda le président Paul Kagame a donné sa conférence de presse hier le 31 juillet 2008 à Kigali.
Sur la question du Général Karenzi Karake commandant adjoint de la "Unamid" au Darfour, Paul Kagamé a demandé Conseil de Sécurité de choisir entre le maintien du Général Karenzi Karake (recherché pour génocide et crime contre l'humanité par la justice Espagnole) ou le retrait des troupes Rwandaise.
"On verra si les juges Bruguière et Fernando Andreu Merelles viendront assurer la sécurité au Darfour" a t il ajouté en substance.
Posté le 03.08.2008 par perewenceslas
Le rapport Mucyo sur le rôle de la France rendu le 5 août 2008.
KIGALI (AFP) 5/08/2008— La commission rwandaise chargée d'enquêter sur le rôle de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda remettra son rapport à la justice le 5 août, selon un communiqué officiel diffusé vendredi à Kigali.
Dans un communiqué diffusé à la télévision, le ministère de l'information a annoncé "que la commission chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide rendra son rapport le 5 août au ministère de la Justice".
Le président Paul Kagame avait affirmé en juin que le rapport serait rendu public début juillet.
Lors d'une conférence de presse à Kigali jeudi, il avait réaffirmé que le Rwanda disposait de preuves incriminant la France.
La commission rwandaise chargée de cette enquête avait remis mi-novembre à M. Kagame son rapport de 500 pages contenant "divers témoignages recueillis sur la responsabilité du gouvernement français dans le génocide de 1994".
Le génocide rwandais a fait, selon les Nations unies, environ 800.000 morts, parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.
Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge français Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre le président Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, qui a précédé le déclenchement du génocide.
Les relations entre Paris et Kigali ont toujours été tendues depuis le génocide. La France est notamment accusée par l'actuel gouvernement rwandais, dirigé par les Tutsis, d'avoir entraîné et armé les responsables avant les massacres, ce que la France nie.
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LISTE DES PERSONNALITES FRANCAISES MISES EN CAUSE PAR LE RAPPORT MUCYO
Le rapport comprend : 3 tomes, 135 (pages)+ 331 + 199 (dont 33 cartes montrant les positions de l'armee francaise).
Liste des personnalités françaises les plus impliquées dans le génocide.
A. Les responsabilités politiques
1. François Mitterrand: Président de la République Française (1981-1995)
2. Allain Juppé : Ministre des affaires étrangères (1993-1995)
3. François Léotard : Ministre de la défense (1993-1995)
4. Marcel Debarge : Ministre de la coopération (1992-1995)
5. Hubert Védrine : secrétaire général à la présidence de la République (1991-1995)
6. Edouard Balladur : Premier ministre (1993-1995)
7. Bruno Delaye : conseiller à la présidence de la République (1992-1995)
8. Jean Christophe Mitterrand : Conseiller à la présidence de la République (1986-1992)
9. Paul Dijoud : Directeur des affaires africaines et malgaches au ministère des affaires étrangères (1991-1992)
10. Dominique De Villepin : Directeur adjoint aux affaires africaines et malgaches (1991-1992), directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères (1993-1994)
11. Georges Martres : Ambassadeur de France au Rwanda (1989-1993)
12. Jean-Michel Marlaud : Ambassadeur de France (1993-1994)
13. Jean-Bernard Mérimée : Représentant permanant de la France aux Nations Unies des mars 1991 à août 1995.
B. Les militaires
1. Amiral Jacques Lanxade : Chef d'état-major particulier du président de la République (1989-1991), puis chef d'état-major des armées (1991-1995)
2. Gén. Christian Quesnot : Chef d'état-major particulier du président de la République (1991-1995)
3. Gén Jean-Pierre Huchon : Chef de la mission militaire de coopération (1993-1995)
4. Gén Raymond Germanos : Sous-chef des opérations à l'état-major des armées (mai 1994-septembre 1995)
5. Col Didier Tauzin alias Thibault : Conseiller militaire de président de la République rwandaise de 1990 à fin 1993, chef du DAMI Panda et de l'opération chimère (22 février - 28 mars 1993) puis Commandant de Turquoise Gikongoro.
6. Col Gilles Chollet : chef du DAMI de mars 1991 à février 1992. Dès février 1992, il cumulait cette fonction avec celle de conseiller militaire du président de la République, chef suprême des FAR, et de conseiller du chef d'état-major des FAR.
7. Col Bernard Cussac : Attaché de défense près l'ambassade de France au Rwanda et chef de la mission militaire de coopération (juillet 1991-avril 1994), commandant de Noroît de juillet 1991-décembre 1993, hormis février et mars 1993.
8. Lt. col Jean-Jacques Maurin : chef adjoint des opérations auprès de l'attaché de défense (1992-1994).
9. Col Gilbert Canovas : octobre à novembre 1990, adjoint opérationnel auprès de l'attaché de défense et conseiller de chef d'état-major de la gendarmerie.
10. Col René Galinie, attaché de défense et chef de la mission d'assistance militaire au Rwanda (août 1988-juillet 1991), commandant de Noroît (octobre 1990-juilet 1991).
11. Col Jacques Rosser : Commandant de Noroît comprenant DAMI de juin à novembre 1992, chef du groupement COS Turquoise (Commandant des opérations spéciales du 22 juin au 30 juillet 1994.
12. Cpt Grégoire De Saint Quentin, Conseiller technique du commandant du bataillon Paracommando et officier instructeur des troupes aéroportées (août 1992-avril 1994).
13. Maj. Michel Robardey, Conseiller technique pour la gendarmerie nationale (criminologie) de 1990 à 1993.
14. Maj. Denis Roux, Conseiller technique du Commandant de la Garde présidentielle de juin 1991-avril 1994.
15. Cpt. Etienne Joubert, Chef du DAMI Panda du 23 décembre 1992 au 18 mai 1993, puis officier de renseignements, puis chef des opérations Turquoise Gikongoro.
16. Col. Patrice Sartre, Chef du groupement Nord Turquoise (Kibuye) du 22 juin au 21 août 1994.
17. Cpt. de frégate Marin Gillier, responsable du détachement Turquoise Gishyita (Kibuye).
18. Lt. Col. Eric De Stabenrath, commandant de Turquoise Gikongoro du 16 juillet au 22 août 1994.
19. Col. Jacques Hogard, Chef du groupement sud Turquoise (Cyangugu) fin juin-22 août 1994.
20. Gén. Jean-Claude Lafourcade, Commandant en chef de Turquoise.
Posté le 06.08.2008 par perewenceslas
LE RAPPORT DE LA COMMISSION RWANDAISE
AFP - Mardi 5 août, 21h09
KIGALI (AFP) - Le Rwanda a une nouvelle fois accusé la France d'avoir activement "participé" à l'exécution du génocide de 1994, laissant entendre pour la première fois la possibilité de poursuites judiciaires contre d'anciens dirigeants politiques et responsables militaires français.
Le ministre de la Justice rwandais, Tharcisse Karugarama, a présenté à la presse mardi les conclusions du rapport de 500 pages de la commission d'enquête rwandaise sur le rôle supposé de la France dans le génocide, qui avait entamé ses travaux en avril 2006 et dont la France a depuis rejeté toute légitimité.
Selon ce rapport rédigé en français, la France était "au courant des préparatifs" du génocide, a "participé aux principales initiatives" de sa mise en place et "à sa mise en exécution".
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées pendant le génocide d'avril à juillet 1994 au Rwanda, planifié et exécuté par les extrémistes hutus.
"La persistance, la détermination, le caractère massif du soutien français à la politique rwandaise des massacres (...) montrent la complicité des responsables politiques et militaires français dans la préparation et l'exécution du génocide des Tutsis de 1994", indique le communiqué du ministère de la Justice reprenant les principales conclusions du rapport.
Au rang des 13 dirigeants français incriminés par le rapport, figurent notamment le président français à l'époque des faits François Mitterrand, le Premier ministre Edouard Balladur, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin ou encore le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine.
La commission d'enquête porte également des accusations très lourdes contre des soldats français de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin-fin août 1994).
"Des militaires français ont commis eux-mêmes directement des assassinats de Tutsis et de Hutus accusés de cacher des Tutsis (...) Des militaires français ont commis de nombreux viols sur des rescapées tutsies", accuse le communiqué rwandais.
Les militaires français, selon le texte, "ont laissé en place les infrastructures du génocide, à savoir les barrières tenues par les Interahamwe (extrémistes hutus). Ils ont demandé de façon expresse que les Interahamwe continuent à contrôler ces barrières et à tuer les Tutsis qui tenteraient de circuler".
"Vu la gravité des faits allégués, le gouvernement rwandais a enjoint les instances habilitées à entreprendre les actions requises afin d'amener les responsables politiques et militaires français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice", selon le document.
A Paris, le ministère de la Défense a renvoyé à sa position exprimée dès le 9 février 2007 dans un communiqué, déniant "impartialité" et "légitimité" à la commission d'enquête rwandaise.
"La France assume pleinement son action au Rwanda en 1994 et notamment celle de ses forces armées. Elle soutient sans réserve l'action de la justice pénale internationale et s'en remet à son appréciation conformément aux exigences légitimes de l'État de droit", déclarait ce communiqué de la Défense française.
Lors de la présentation de ce rapport, diffusée par la télévision rwandaise, le ministre de la Justice a déclaré que "ce rapport n'est pas un dossier criminel (...) C'est une bonne base pour d'éventuelles procédures légales".
Le 18 juin, Kigali avait fait savoir qu'il souhaitait recourir à la compétence universelle prévue dans ses textes de loi en vue de poursuivre devant ses juridictions des non-Rwandais accusés d'être impliqués dans le génocide.
Début juillet, le président rwandais Paul Kagame a menacé de faire inculper des ressortissants français pour le génocide de 1994 si les tribunaux européens n'annulaient pas les mandats d'arrêt émis contre des responsables rwandais.
Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge français Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre M. Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, un des éléments déclencheurs du génocide.